Littératures

Amelia Rosselli

biographie (2) : 1959-1967

Rosselli e Scotallero

(La plus grande partie des informations a été puisée dans la biographie du « Meridiano » publié chez Mondadori sous la direction de Stefano Giovannuzzi, de courts passages en ont été traduits).

1959 : obtient le permis de séjour permanent, mais pas la nationalité italienne. Activités politiques, littéraires, mais surtout musicales. Du 25 août au 5 septembre, participe à l'Internationale Ferienkurse für Neue Musik, à Darmastadt, où enseignent Stockausen, Pierre Boulez, John Cage, György Ligeti et David Tudor avec qui se noue une liaison d'au moins deux ans. Stockausen lui promet de l'aider pour ses articles et l'invite à participer à une conférence pour parler des harmonies et de son instrument (produit par Farfisa). Collabore pour un spectacle avec John Cage et Merce Cunnigham. Se produit en concert avec Tudor au Teatro Eliseo à Rome.

1960 : rencontre, grâce à Bazlen, Giacinta Del Gallo et Maurizio De Rosa, tout deux peintres. Leur amitié durera jusqu'à sa mort. Au printemps se rend à Palerme pour les Settimane internazionali di Nuova musica où elle joue quelques-unes de ses compositions. Passe un mois à Londres, chez John. S'inscrit de nouveau aux cours d'été à Darmstadt, mais un nouveau séjour en clinique l'empêche d'y participer. Période de dépression.

1961 : se consacre intensément au piano. Se rend de nouveau à Darmstadt. En littérature, l'italien commence à prendre le dessus. Nouveaux refus auprès d'éditeurs (dont Feltrinelli et Mondadori, qui lui demande une participation financière, ce qu'elle refuse).

1962 : après avoir vu Accattone, s'intéresse à Pasolini qu'elle rencontre chez Moravia, mais l'estime mutuelle reste limitée. Il lui consacrera cependant un article et la mettra en contact avec Garzanti. Concerts pour le PCI. Se rapproche des studios de musique de la RAI à Milan, avec une possibilité d'aide financière. Participe au Pinocchio de Carmelo Bene qui la bouleverse. Collabore avec Bruno Maderna qui l'encourage dans ses recherches sur la musique électronique. Elle se produit deux fois avec Sylvano Bussotti dans une galerie, place d'Espagne, et collabore de nouveau avec Carmelo Bene pour Spettacolo-concerto Majakovskij. En août séjour en Angleterre pour le Darlington Music Festival et en septembre à Varsovie. En octobre, entre en clinique pour subir d'autres électrochocs qui provoquent une perte de mémoire.

1963 : contacts infructueux avec l'édition française (avec Guillaume Chpaltine pour « Les Lettres Nouvelles » de Maurice Nadeau). En septembre, paraissent sur Il Menabò 24 poèmes suivis de la notice de Pasolini. Publication en revue de La libellula (frammento) en juin. En octobre, participe à Palerme à la première réunion du Gruppo 63 et à la quatrième Settimana Internazionale Nuova Musica. Revoie Nono, Stockhausen, Berio, Bussotti. À Rome, collabore de nouveau avec Carmelo Bene.

1964 : Adolfo Chiesa publie sur Paese Sera un portrait d'Amelia Rosselli avec des bribes d'interviews. Séjour en clinique. Article de Marco Forti dans le Corriere della Sera. En avril paraît son premier recueil : Variazioni belliche. Peu d'échos dans la presse. Paraissent le même mois huit poèmes intitulés Serie Ospedaliera, première mention du titre de ce recueil, dans le revue Le Leader. En novembre, participe à la seconde réunion du Gruppo 63 à Reggio Emilia, qui donnera 5 poesie per una poetica. Lit Pouchkine, Rousseau, Heidegger, Husserl. Compose la bande sonore d'un documentaire.

1965 : reçoit une bourse du gouvernement pour son œuvre littéraire, et un projet de loi est présenté pour lui fournir une pension. Ses conditions économiques sont difficiles, et elle loue une chambre de son appartement, souvent à des étrangers. Fin juin, mort d'Ernst Bernhard, et en août de Bazlen. À la recherche d'une situation économique plus stable, elle entre en contact avec Fabio Mauri qui lui permet d'obtenir un poste de consultant éditorial pour la littérature, la musique et les essais chez Bompiani. Continue l'étude du piano et retourne à la Settimana Internazionale Nuova Musica de Palerme. En juillet, sur Il Menabò paraissent 15 poèmes de Serie Ospedaliera qu'elle continue à prépare. Travaille à Sleep pour lequel elle commence à chercher un éditeur en Angleterre, sans succès. Lit Charles Olson, Emily Dickinson, D'Annunzio. Sur Marcatrè, revue liée à l'avant-garde, paraît Musica e pittura, dibattito su Doriazio. À cette époque, la réflexion sur un langage universel, marqué par un mysticisme platonicien, revient avec insistance. Recherches sur la lumière et les couleurs. Envoie Serie Ospedaliera à Pasolini puis à Garzanti. Décide de se consacrer à la littérature.

1966 : mort de Vittorini qui a publié le premier des poèmes de la Rosselli. Vie mondaine et festive. Loue une chambre au poète Dario Bellezza, avec qui elle entretiendra une amitié ambiguë, marquée par la jalousie (Bellezza ramène de nombreux amants). Bellezza lui dédicacera son premier recueil Invettive e Licenze (1971). Il mourra à peine trois semaines après elle, du sida. Rencontre grâce à lui les écrivains de l'association Beat 72 : Renzo Paris, Biancamaria Frabotta, Giorgio Manacorda, etc. Étudie les mathématiques pures, le dessin, l'acoustique, la composition, et reprend l'équitation. Découvre l'œuvre de Lorenzo Calogero, à qui elle s'identifie. En février sort sur Nuovi Argomenti, dans une nouvelle version, La Libellula. Écrit et détruit frénétiquement. En juin participe à la quatrième rencontre du Gruppo 63 à La Spezia, qui la déçoit quoiqu'elle y noue de nouvelles amitiés. Entretient une relation sentimentale troublée avec Renato Guttuso. Séjour en clinique, vacances à Sperlonga avec Giacinto Del Gallo et Maurizio De Rosa, où elle écrit les premiers poèmes qui constitueront Documento. A quelques contacts en Angleterre pour Sleep sur lequel elle travaille toujours. Les soucis financiers reviennent : les rapports avec Mauri se dégradent et elle cherche sans succès un travail chez Einaudi et Licorno. Publie des articles sur Breton et Pasternak dans Avanti!.

1967 : en avril paraissent 19 poésies intitulées da Documento. Comme Garzanti tarde à publier Serie Ospedaliera, Rosselli cherche un autre éditeur. Le 14 juillet, sur Paese Sera avec qui elle collaborera jusqu'en 1978, sort un article sur le Surmâle de Jarry. Fait une lecture au Teatro del Porcospino à Rome avec Pasolini, Porta et Dacia Maraini. L'événement lui apporte beaucoup et elle décide de la renouveler à la Free Poetry Session du Dioniso Club avec Elio Pagliarani, Patrizia Vicinelli, Valentino Zeichen.