Littératures

Amelia Rosselli

biographie (3) : 1967-1980

Amelia Rosselli

(La plus grande partie des informations a été puisée dans la biographie du « Meridiano » publié chez Mondadori sous la direction de Stefano Giovannuzzi, de courts passages en ont été traduits).

1968 : ne participe pas en personne aux événements de mai 68. Après les échauffourées entre étudiants et policiers Vialle Giulia, se retire à Camagnano, chez Ferruccio Nuzzo, musicologue, mathématicien et interprète de Matteo dans le film de Pasolini. Lit Marcuse, sympathise avec de jeunes militants, dont le futur réalisateur Gianfranco Fiore Donati. Continue à travailler à Documento. Publie des poèmes et des textes dans Fiera letteraria et le Caffè letterario. Passe le mois d'août avec Guttuso dans le nord de l'Italie. En automne travaille sur la réédition des œuvres complètes de Sandro Penna. Le 8 novembre, elle rédige Diario Ottuso qui est le début d'un roman qui ne verra jamais le jour. Ottavio Cecchi, à la fin de l'année, lui propose de présenter régulièrement dans L'Unità des revues anglaises et françaises de littérature, politique et sociologie.

1969 : les troubles mentaux s'aggravent, elle se sent persécutée par des voix produites par la CIA, comme elle le racconte dans Storia di una malattia (1977). En été sort Serie Ospedaliera chez Il Saggiatore, qui remporte le prix Argentario. Après les attentats de piazza Fontana à Milan (12 décembre 1969) et ceux qui suivirent à Milan et Rome, la paranoïa empire.

1970 : Garzanti publie Tutte le poesie de Penna, dont la Rosselli rend compte dans L'Unità. Commence une cure de type holiste avec Marcello Nardini, notamment pour soigner un début de Parkinson. Mais les crises paranoïaques continuent.

1971-2 : rompt avec Moravia, Bellezza (devenu rédacteur de Nuovi Argomenti) et Pasolini (avec qui elle reprendra contact l'année suivante) ; se lie avec Yuri Maraini, sœur de Dacia, et Elio Pecora, travaille toujours à Documento. Écrit un article sur Sanguinetti, donne des cours de poésie au Teatro femminista della Maddalena, fondé par Dacia Maraini.

1973 : fin de la rédaction de Documento qu'elle imagine être son cinquième et dernier livre. Mais après un tri sévère qui donne naissance à Appunti Sparsi e Persi (publié en 1977), elle renonce à l'idée d'une série close d'œuvres.

1974 : vacances à Maltes avec des amis, puis avec John et sa femme à Pistoia. Malgré les gênes économiques, elle refuse de toucher les pensions de guerre qui lui sont proposées. Écrit peu, et sans enthousiasme. En décembre paraissent 15 poésies de Documento dans Periodo Ipotetico.

1975 : renoue avec Garzanti et Nuovi Argomenti pour qui elle traduit des auteurs américains, dont Sylvia Plath. Travaillera pour la RAI à une série d'émissions sur la poésie américaine autre que la celle de la Beat Generation. Quitte l'organisation du PCI. Le 2 novembre Pasolini est assassiné.

1976-7 : passe le mois de février et de mars en Angleterre, pour fuir Rome et l'Italie. En avril paraît Documento chez Garzanti, qui est sélectionné pour le prix Giosuè Carducci. En mars, vend l'appartement de Rome et en achète un à Londres où elle vivra jusqu'à l'été 1977. Dès son arrivée, elle est persécutée par les voix et décide de suivre un traitement aux électrochocs pendant deux mois dans un hôpital psychiatrique de Londres. Pense au suicide. Revient à Rome au printemps 77 pour recevoir un prix créé par Elio Pecora spécialement pour elle, et décide de se réinstaller dans la capitale pendant l'été. Les jeunes poètes de l'école de Pagliarini lui dédie le premier numéro de leur revue, Le tigre in corridoio. Se lie d'amitié avec la poétesse Jolanda Insana. Reprend les études musicales et ethonomusicologiques. Après une période de calme, avec le retour des attentats reviennent les voix. Sur Nuovi Argomenti, publie Storia di una malattia.

1978 : elle apparaît dans le « Meridiano » Poeti italiani del Novecento de Pier Vincenzo Mengaldo, pour Mondadori ; elle y est la seule femme. Son activité éditoriale devient plus intense : elle publie de nombreux articles, notamment sur Berryman et Plath. Elle participe également de plus en plus à des lectures publiques, dans toute l'Italie. En octobre fait partie de l'équipe fondatrice de la revue trimestrielle Tabula. Elle y fait publier de jeunes poètes : Alberto Toni, Biagio Cepollaro, Girolamo Di Costanzo, Gianni Rosati, Pietro Cimatti, Maria Attanasio.

1979 : elle publie October Elizabethans dans le second numéro de Tabula. Apparaît dans l'anthologie d'Antonio Porta, chez Feltrinelli, Poesia degli anni Settanta. Rome devient le centre de référence de la poésie d'avant-garde, et Amelia Rosselli publie beaucoup et participe à de nombreuses lectures publiques et à des festivals, dont le Primo Festival Internazionale dei Poeti où elle rencontre Evtušenko, Ginsberg, Burroughs, Jean-Pierre Faye, Gregory Corso, Amiri Baraka. Travaille à des projets de traduction et d'édition d'auteurs étrangers (Jean-Pierre Faye, Joyce, Iris Murdoch). Le 8 décembre, écrit d'un trait Impromptu.

1980 : dans des lectures publiques féministes, rencontre Rossana Ombres, Armanda Guiducci, Maria Attanasio, Maria Luisa Spaziani, Margherita Guidacci, Gabriella Sica, Biancamaria Frabotta. La revue Braci publie Dario Ottuso. L'attentat de Bologne la bouleverse profondément : pense s'établir en Hongrie. En été, voyage en Espagne. En septembre paraît Primi Scritti. À l'automne, sur Nuovi Argomenti est publié Impromptu, puis l'essai Istinto di morte e instito di piacere in Sylvia Plath.