Littératures

Amelia Rosselli

biographie (4) : 1981-1996

Alfredo Giuliani e Amelia Rosselli

(L'utilisation de cette photographie nous est aimablement permise par Orazio Converso
qui s'occupe de l'excellent site italien Videor, consacré à la poésie et sa diffusion audio-visuelle),
et par Laura Fasciani, compagne d'Alfredo Giuliani)

(La plus grande partie des informations a été puisée dans la biographie du « Meridiano » publié chez Mondadori sous la direction de Stefano Giovannuzzi, de courts passages en ont été traduits).

1981 : la publication chez San Marco dei Giustiniani d'Impromptu lui offre une nouvelle notoriété. Pour l'ensemble de son œuvre, elle reçoit le prix Pier Paolo Pasolini le 27 février. Pour Primi Scritti, reçoit le prix Pozzale Luigi Russo à Empoli. En juin, elle est à Dubrovnik, en juillet à Venise.

1982 : pense de nouveau à vivre à Paris pour fuir les persécutions dont elle se dit victime. Y passe une semaine pour le congrès « Femmes et Culture en Italie » (14 juillet) où elle lit Impromptu qu'elle traduira, ainsi que d'autres poèmes, avec Jean-Pierre Faye et Jean-Charles Vegliante. Les événements politiques (la guerre des Malouines, l'invasion israélienne au Liban, la découverte de la loge maçonnique P2, etc) la touchent nerveusement : elle va jusqu'à demander la protection de l'ONU, pense de nouveau à partir en Hongrie, en Bulgarie ou en Algérie.

1983 : Après les élections de juin, contacte le consulat suisse pour demander l'asile politique. Confie Appunti Sparsi e Persi à AElia Laelia. Emmanuela Tandello la contacte pour une thèse sur la production trilingue : la collaboration aboutira à partir de 1988 à de nombreuses traductions et à la publication en 1992 de Sleep. Part dans le sud (les Pouilles, la Sicile) pour une série de lectures. En décembre, demande l'asile politique à la Russie.

1984 : obtient le prix Circe Sabaudia pour la poésie. Avec Primi scritti, est finaliste du prix Camaiore. Participe à plusieurs festivals, colloques et lectures, dont une rencontre en mai à Genova où elle lit des textes d'Ingeborg Bachmann. À Rotterdam, participe à un festival de poésie pour lequel elle traduit le chant V de l'Enfer en français et anglais. En France, présente la version française d'Impromptu. Court séjour en clinique à Sienne. Collabore à la traduction en anglais de poèmes de Raboni.

1985 : Lectures, rencontres. En avril, à Prato, clôture Accenti del vivere, un cycle de rencontres avec des poètes contemporains, par des poèmes d'Ingeborg Bachmann. En mai, passe une semaine à Paris pour suivre la compagnie Altroteatro qui met en scène ses textes. Giacinto Spagnoletti la contacte pour publier une anthologie de ses poèmes. Elle apparaît en grabataire lisant Pinocchio dans le film Blu cobalto de Donati. Reçoit le prix de la Culture du président du Conseil.

1986 : traduction de certains poèmes de Sleep et publication sur Nuovi Argomenti (mais la revue relègue le texte anglais en bas de page, ce qui déplaît à la poétesse). Nombreuses traductions, préfaces, articles, notamment pour gagner de l'argent. En mai, à Potenza, Ulderico Pesce récite La Libellula. À Florence, au IX Congrès international de la poésie (28 juin – 3 juillet), côtoie Borges, Ghiannis Ritsos, Ted Hugues.

1987 : songe à un voyage à Moscou, écrit qu'elle attend une intervention de Bush pour trouver une solution à son cas particulier. Sort Antologia poetica chez Garzanti. Sur I Verri est publié l'article Serie degli armonici dans sa forme définitive. En France, Vegliante fait paraître chez La Tour de Babel la traduction d'Impromptu. En août, en Sicile pour recevoir le prix Akesineide avec Bellezza, Beppe Costa, Dante Maffia, Maria Luisa Spaziani.

1988 : retourne en Sicile pour des lectures. À Rome donne un cours de métrique au Laboratorio di poesia de Pagliarani. Reçoit les prix Minerva et Chianciano (la cérémonie est retransmise à la RAI). En septembre, avec Gino Scartaghiande, réalise un voyage à Moscou (1): le rêve d'un asile politique semble prêt de s'accomplir, mais sa demande est retoquée. En hiver, de nouveau en Sicile.

1989 : Lectures en Italie. Paraît Sonno-Sleep (20 poèmes en édition bilingue), sous la direction d'Antonio Porta, chez San Marco dei Giustiniani, avec des dessins de Tornabuoni. Le jour même de la présentation publique du livre, Porta meurt d'un infarctus. Séjours dans le sud de la France, puis à Paris pour la réédition d'Impromptu. L'Université de Pavie conclut un accord pour acquérir les manuscrits de son œuvre littéraire.

1990 : sur la revue française Banana Split publie des poésies de Sleep en trois langues : Sonno-Sleep-Sommeil. Publication de toutes les proses réunies sous le titre Dario Ottuso (1954-1968) par l'Instituto Bibliografico Napoleone, avec une préface d'Alfonso Berardinelli.

1991 : accord avec Garzanti pour la publication de Sleep avec la traduction d'Emmanuela Tandello. En juillet accompagne Ulderico Pesce qui monte pour le théâtre des Beat 72, Dario Ottuso. En octobre, se rend à New York pour participer à un colloque sur la poésie italienne avec ses amis Luzi, Zanzotto, Volponi, Sanguineti. Reçoit des invitations pour des émissions radiophoniques et télévisuelles. Suit de près les éditions et les événements qui se rapportent aux frères Rosselli.

1992 : chez Garzanti, paraît Sleep. Passe deux semaines chez John à l'occasion de la présentation du livre à Londres. Obtient le prix Marotta à Naples. Au printemps participe au jury du prix Città di Recanati. Participe toujours avec assiduité à des rencontres et des lectures publiques.

1995 : l'éditeur Mancosu réédite Impromptu avec une cassette de poèmes lus par l'auteur. Édition augmentée de Variazioni Belliche par Plinio Perilli pour la Fondazione Piazzolla, avec la Notizia de Pasolini en introduction. Pour le premier numéro de La terra vista dalla luna Amelia Rosselli envoie sa dernière création publiée de son vivant Pavone / Prigione. Au Nuovo Teatro San Raffaele di Roma est mis en scène La Libellula par Ulderico Pesce avec une musique de Pasquale Laino. Le malêtre physique et mental se fait plus aigu, mais Rosselli continue de participer à des événements publics : jury de l'Antipremio Feronia qui récompense Giulia Niccolai, Rossana Rossanda et J.M. Coetzee.

1996 : réédition de Dario Ottuso par les éditions Empiria grâce à une collecte de Daniela Attanasio. Début février, retourne volontairement en clinique. Entre le 9 et le 10 février, menace plusieurs fois de se jeter de la terrasse de son appartement, mais les voisins parviennent à la dissuader. Le matin du 11, téléphone à Giacinta Del Gallo pour lui dire qu'elle va en finir. Giacinta accourt, mais il est trop tard, la poétesse s'est jetée dans le vide. Le soir, elle avait rendez-vous avec Bellezza et le lendemain, elle devait participer à une lecture sur Apollinaire. Elle venait de recevoir le prix San Valentino d'Oro. Les funérailles se déroulent à la Casa della Cultura, elle est enterrée au Cimetière acatholique de Rome.

Note

1. Sur ce voyage, voir l'article : http://golfedombre.blogspot.fr/2009/02/amelia-rosselli-in-urss.html