Amelia Rosselli



Serie Ospedaliera | Série hospitalière

Dino Ignani, Amelia Rosselli, Rodolphe Gauthier(© Dino Ignani)

Le recueil a paru d'abord aux éditions Il Saggiatore à Milan en 1969.
Le livre est divisé en deux sections : la première était consacrée à La Libellula (Panegirico alla Libertà) daté de 1958, la seconde, intitulée Serie ospedaliera, comprenait 83 poèmes.
La Libellule est parue en France aux éditions Ypsilon dans la traduction de Marie Fabre, tandis que la « série » est encore inédite (peut-être aurons-nous la chance d'en signer la traduction).
Les 5 poesie per una poetica ont paru, une par une, à chaque numéro de la très belle petite revue, imprimée au plomb, L'Usage de Victoria Xardel.
Nous ne présentons ici qu'un choix très limité de poèmes tirés de la seconde section.

*

Il sesso violento come un oggetto (cava di marmo imbiancata)
(anfora di creta ricurva) e nascotissimo in forma
d'uovo assaltava il solitario, come se fosse la grandine
a tempestare, nel salotto. Non gaudente, non sapiente
serpentinamente influenzato da esempi illustri o illustrazioni
di candore, per la pace e per l'anima purulava. Non sapiente
non gaudente, ma sapiente e mercantile speronato come
il vascello contro rocce pipistrelle, cadeva di colpo
dall'alto del rigore e della danza, dal sol fa mi do di
un'altra giornata ; non sapiente e non gaudente travestito
da soldato annaspando e arrischiando tra capanne di maiale
rovistando, come forma e come oggetto, il sesso si serviva
di lui.

Le sexe violent comme un objet (carrière de marbre blanchie)
(amphore de craie recourbée) et très bien caché en forme
d’œuf assaillait le solitaire, comme si c'était la grêle
à se déchaîner, dans le salon. Sans jouir, sans savoir
serpentinement influencé par des exemples illustres ou des illustrations
de candeur, par la paix et par l'âme il purulait. Sans savoir
sans jouir, mais savant et mercantile éperonné comme
le vaisseau contre des roches chauves-souris, il tombait d'un coup
du haut de la rigueur et de la danse, du sol fa mi do d'
une autre journée ; sans savoir et sans jouir déguisé
en soldat haletant et se risquant entre les cabanes des porcs
à fouiller, comme forme et comme objet, le sexe se servait
de lui.

*

Facce appese, bronzi al muro, facce di bronzo, santi appesi
al muro in una camera solitaria in affitto, per quattro
giorni aspetto. Una camera povera, sovraccarica di fiori
di plastica, e leoni alla porta. Un mare trombante, e un
paese grossolano, verdi porte all'aperto dietro la strada
nuova, i monti inosservabili, la luce è un diadema. Le
colline poi sono verdi cavalli, il galoppo un imbroglio,
uno stratagemma per perdersi. Fa caldo ancora, e il cielo
è macchiato di tombe oscure.

Faces accrochées, bronzes au mur, faces de bronze, saints accrochés
au mur dans une chambre solitaire à louer, pendant quatre
jours j'attends. Une chambre pauvre, surchargée de fleurs
en plastique, et de lions à la porte. Une mer déchaînée, et un
village grossier, portes vertes grandes ouvertes derrière la nouvelle
rue, les monts inobservables, la lumière est un diadème. Les
collines aussi sont des chevaux verts, le galop un imbroglio,
un stratagème pour se perdre. Il fait chaud encore, et le ciel
est tâché de tombes obscures.

*