Amelia Rosselli



Variazioni belliche | Variations de Guerre

Dino Ignani, Amelia Rosselli, Rodolphe Gauthier(© Dino Ignani)

Publié en 1964 chez Garzanti, Variazioni belliche paraît avec une préface de Pier Paolo Pasolini qui a marqué longtemps la réception d'une poésie difficile. Le recueil est paru en France, chez Ypsilon en 2012, dans la traduction de Marie Fabre. Celles qui suivent sont reprises du numéro 9 de la revue La Barque avec notre traduction.

*

nullo
è il deserto in cui tu mi muovi, e le false facce di
quella cattedrale tu chiami l'ardore
di Dio
s'incoronano di spine mortali. E se il sicuro
ormeggiare della tua candela di notte si
spezza, incolpa il fato, la notte oscura, e le
povere tue
spostate ragioni.

rien
est le désert dans lequel tu me meus, et les fausses faces de
cette cathédrale que tu appelles l’ardeur
de Dieu
se couronnent d’épines mortelles. Et si le sûr
amarrage de ta bougie de nuit se
casse, accuse le destin, la nuit obscure, et tes
pauvres
raisons déplacées.

*

la mia fresca urina spargo
tuoi piedi e il sole danza ! danza ! danza ! – fuori
la finestra mai vorrà
chiudersi per chi non ha il ventre piatto. Sorridente l'analisi
si congiungerà – ma io danzo ! danzo ! – incolume perché
'l sole danza, perché vita è muliebre sulle piantogioni
incolte se lo sai. Un ebete ebano si muoveva molto
cupido nella sua
fermezza : giro ! giro ! come tre grazie attorno al suo punto
d'oblio !

mon urine fraîche je répands
tes pieds et le soleil danse ! danse ! danse ! – dehors
la fenêtre jamais ne voudra
se fermer pour qui n’a pas le ventre plat. L’analyse souriante
se reliera – mais moi je danse ! je danse ! – indemne parce que
le soleil danse, parce que la vie est féminine sur les plantations
incultes si tu le sais. Un ébène hébété bougeait très
cupide dans sa
fermeté : je tourne ! je tourne ! comme trois grâces autour de son point
d’oubli !

*

Quello stormire violento di uccelli, quel loro vezzoso
rialzarsi in sciami dagli alberi più duri
(ruggisce il tenero leone in una volata di pensieri
e la mia fede s'accende) quel loro posarsi sulle punte più sottili
quel loro abbandonarsi con lo sguardo distratto, questo
è il tuo desio, che sorvola sui miei monti d'angoscia
questo è il tuo caldo filo d'angoscia
che non sa.

Ce bruissement violent des oiseaux, leur ravissant
soulèvement en essaim des arbres les plus durs
(le tendre lion rugit dans une envolée de pensées
et ma foi s’embrase) leur pose sur les pointes les plus subtiles
leur abandon avec un regard distrait, c’est cela
ton désir, qui survole mes monts d’angoisses
c’est cela ton fil chaud d’angoisse
qui ne sait pas.

*

Se l'anima perde il suo dono allora perde terreno, se l'inferno
è una cosa certa, allora l'Abissinia della mia anima rinasce.
Se l'alba decide di morire, allora il fiume delle nostre
lacrime si allarga, e la voce di Dio rimane contemplata.
Se l'anima è la ritrosia dei sensi, allora l'amore è una
scienza che cade al primo venuto. Se l'anima vende il suo
bagaglio allora l'inchiostro è un paradiso. Se l'anima
scende dal suo gradino, la terra muore.

Io contemplo gli uccelli che cantano ma la mia anima è
triste come il soldato in guerra.

Si l’âme perd son don alors elle perd du terrain, si l’enfer
est une chose certaine, alors l’Abyssinie de mon âme renaît.
Si l’aube décide de mourir, alors le fleuve de nos
larmes s’élargit, et la voix de Dieu demeure contemplée.
Si l’âme est la répugnance des sens, alors l’amour est une
science qui arrive au premier venu. Si l’âme vend son
bagage alors l’encre est un paradis. Si l’âme
descend de sa marche, la terre meurt.

Je contemple les oiseaux qui chantent mais mon âme est
triste comme le soldat en guerre.

*

Contro del magazziniere si levava il grido dell'incoscienza
contro del pourboire coniavo un'altra frase, quella dell'incertezza.
Contro dell'odio ringraziavo e perdonavo, contro della
tristezza imbracciavo un altro pugnale. Contro delle lacrime
furtive innalzavo la veracità ; contro della lacrima del
soldato una ragazza potente che non sapeva nemmeno dov'era
l'usgnolo, l'usignolo potente e solitario. In nome di Cristo
e della Vergine Maria che la tua santità sia fatta, così
com'è il gioco di ogni giorno. Contro della debolezza che
si rinsaldi la fede, contro dell'elefante traboccante di
odio che sia fatta la volontà del cane che seppe quale
pesce pigliare. Trappola tesa ed arco rialzati e perdona
con un grido di allarme. Se sovente nella birra scorgevo
piccoli grappoli d'oro era invece la grazia che balbettava
parole sconnesse : fuori del linguaggio dei sensei abbandonati.

Contre le magasinier se levait le cri de l’inconscient
contre le pourboire je forgeais une autre phrase, celle de l’incertitude.
Contre l’oubli je remerciais et pardonnais, contre la
tristesse j’embrassais un autre poignard. Contre les larmes
furtives j’élevais la véracité ; contre les larmes du
soldat une jeune fille puissante qui ne savait même pas où était
le rossignol, le rossignol puissant et solitaire. Au nom du Christ
et de la Vierge Marie que ta sainteté soit faite, tel
qu’est le jeu de chaque jour. Contre la faiblesse que
se raffermit la foi, contre l’éléphant débordant de
haine que soit faite la volonté du chien qui sut quel
poisson attraper. Piège tendu en arc relève-toi et pardonne
avec un cri d’alarme. Si souvent dans la bière j’apercevais
de petites grappes d’or c’était au contraire la grâce qui balbutiait
des paroles décousues : en dehors du langage des sens abandonnés.

*

Contro d'ogni impero imperava un bisogno d'ordine. Contro
d'ogni pianeta era imperante il bisogno della libertà. Con
la fanciullaggine imperava ancora la notte che bisbigliava
parole forse amare. Con il tirocinio del parente avaro si
smuoveva la rivoltella dei rivoltosi. Con la luce accesa
smuoveva il catarro il vecchio filo di lana arrotolato nella
sostanza degli erdi. Sentivo le voci degli orologiai arrovellarsi
ma la fibra del mondo era la più costante misura della mia
malattia ! Era la più forte sostanza della mia credenza.

Contre toute domination dominait un besoin d'ordre. Contre
toute planète était dominant le besoin de la liberté. Avec
les enfantillages dominait encore la nuit qui murmurait
des paroles peut-être amères. Avec l'apprentissage du parent avare se
déplaçait le revolver des révoltés. Avec la lumière allumée
le catarrhe déplaçait le vieux fil de laine enroulé dans la
substance des héritiers. J'entendais les voix des horlogers s'agacer
mais la fibre du monde était la plus constante mesure de ma
maladie ! Elle était la plus forte substance de ma croyance.

*

Per la tua pelle olivastra per la tua mascella cadente
per le tue virginee denta per il tuo pelo bruno per il
tuo amore impossibile per il tuo sangue olivastro e la
mascella inferiore cadente per l'amministrazione dei beni
che non consiglia altre armonie, per l'amore e per il mistero
per la tua voracità e per la mia per il tuo sondare impossibile
abissi – per la mia mania di grandezza per il tuo irrobustire
per la mia debolezza per il tuo cadere e risollevarti
sempre si chiamerà chimera il breve viaggio fatto alle
stelle.

Pour ta peau olivâtre pour ta mâchoire tombante
pour tes dents vierges pour tes cheveux bruns pour ton
amour impossible pour ton sang olivâtre et la
mâchoire inférieure tombante pour l'administration des biens
qui ne conseille pas d'autres harmonies, pour l'amour et pour le mystère
pour ta voracité et pour la mienne pour ton sondage impossible
des abîmes – pour ma folie des grandeurs pour ton endurcissement
pour ma faiblesse pour ta chute et ton relèvement
toujours on appellera chimère le bref voyage fait aux
étoiles.

*

Se per il caso che mi guidava io facevo capriole : se per
la perdita che continuava la sua girandola io sapevo : se
per l'agonia che mi prendeva io perdevo : se per l'incanto
che non seguivo io non cadevo : se nelle stelle dell'universo
io cascavo a terra con un tonfo comme nell'acqua : se per
l'improvvisa pena io salvavo i miei ma rimanevo a terra
ad aspettare il battello se per la pena tu sentivi per
me (forse) ed io per te non cadevamo sempre incerti nell'avvenire
se tutto questo non era che fandonia allora dove rimaneva
la terra ? Allor chi chiamava – e chi rinnegava ?

Sempre docile et scontenta la ragazza appellava al buio.
Sempre infelice ma sorridente mostrava i denti. Se non
v'era aiuto nel mondo era impossibile morire. Ma la morte
è la più dolce delle compagnie. La più dolce sorella era
la sorellestra. Il dolce fratello il campione delle follie.

Si à cause du hasard qui me dirigeait je faisais des cabrioles : si à cause de
la perte qui continuait sa girandole je savais : si
à cause de l'agonie qui me prenait je perdais : si à cause du charme
que je ne suivais pas je ne tombais pas : si dans les étoiles de l'univers
je tombais à terre avec un bruit sourd comme dans l'eau: si à cause de
la peine imprévue je sauvais mes parents mais demeurais à terre
à attendre le bateau si à cause de la peine que tu ressentais pour
moi (peut-être) et moi pour toi nous ne tombions pas toujours incertains dans l'avenir
si tout cela n'était qu'un mensonge alors où demeurait
la terre ? Alors qui appelait – et qui reniait ?

Toujours docile et mécontente la fille appelait dans le noir.
Toujours malheureuse mais souriante elle montrait les dents. S'il n'
y avait pas d'aide au monde il était impossible de mourir. Mais la mort
est la plus douce des compagnies. La plus douce des sœurs était
la demi-sœur. Le doux frère le champion des folies.

*

Non so se di tra le pietre spuntate de la indifferenza
giaccia un tuo gemito : non so se fra le vergini chiome
cada una trombetta : onore, bagliore, precisione
della virtù ! Non so se di tra le pietra spuntate
della differenza, esista la commozione. Non rido non
piango non rido non chiamo tutto si disfa nell'ombra.
Non so se di tra le pennella rustiche del tuo
mentire, esista una differenza : tra me e te e il
belvedere. Non so se di tra te e me nel belvedere
esista una differenza. Io so che di tra me e
te esiste la gloria e la differenza. Si nasce e si
resite, – al servizio della libertà. Si muore e si rinasce,
forse al servizio della libertà : si muore e si rinasce
in orario.

Je ne sais pas si entre les pierres épointées de la indifférence
gît un gémissement de toi : je ne sais pas si parmi les vierges chevelures
tombe une trompette : honneur, lueur, précision
de la vertu ! Je ne sais pas si entre les pierres épointées
de la différence, existe l'émotion. Je ne ris pas je ne
pleure pas je ne ris pas je n'appelle pas tout se défait dans l'ombre.
Je ne sais pas si entre les pinceaux rustiques de tes
mensonges, il existe une différence : entre moi et toi et le
belvédère. Je ne sais pas si entre toi et moi dans le belvédère
il existe une différence. Moi je sais qu'entre moi et
toi il existe la gloire et la différence. On naît et on
résiste, – au service de la liberté. On meurt et on renaît,
peut-être au service de la liberté ; on meurt et on renaît
à l'heure.

*

Perché iddio (io) mi perdonasse era necessario
ch'io mangiassi. Nel mondo piscologico delle mie
idee, cadeva l'ultima stella. Nel mondo psicologico
delle mie idee era innata l'idea di dio. Nel mondo
psicologico della mia infanzia cadeva l'ultimo
dio. Nel mondo inglese della mia infanzia cadeva
la monade. La monade sorvegliava riccamente
il mondo.

Pour que dieu (moi) me pardonne il était nécessaire
que je mange. Dans le monde psychologique de mes
idées, l'ultime étoile tombait. Dans le monde psychologique
de mes idées l'idée de dieu était innée. Dans le monde
psychologique de mon enfance tombait le dernier
dieu. Dans le monde anglais de mon enfance tombait
la monade. La monade surveillait abondamment
le monde.

*

Se non è noia è amore. L'intero mondo carpiva da me i suoi
sensi cari. Se per la notte che mi porta il tuo oblio
io dimentico di frenarmi, se per le tua evanescenti braccia
io cerco un'altra foresta, un parco, o una avventura : –
se per le strade che conducono al paradiso io perdo la
tua bellezza : se per i canili ed i vescovadi del prato
della grande città io cerco la tua ombra : – se per tutto
questo io cerco ancora e ancora : – non è per la tua fierezza,
non è per la mia povertà : – è per il tuo sorriso obliquo
è per la tua maniera di amare. Entro della grande città
cadevano oblique ancora e ancora le maniere di amare
le delusioni amare.

Si ce n'est pas l'ennui c'est l'amour. Le monde tout entier m'extorquait ses
sens coûteux. Si pendant la nuit qui m'apporte ton oubli
j'oublie de me retenir, si dans tes bras évanescents
je cherche une autre forêt, un parc, ou une aventure : –
si sur les routes qui conduisent au paradis je perds ta
beauté : si dans les chenils et les évêchés du pré
de la grande ville je cherche ton ombre : – si pour tout
cela je cherche encore et encore – c'est pour ton sourire sournois
c'est pour ta manière d'aimer. Dans la grande ville
tombaient sournoisement encore et encore les manières d'aimer
les désillusions amères.

*

Contro degli dei brandivo una piuma. Brandivo a vuoto
una piuma che non scendeva dall'aria. Nell'aria vibrava
un megafono : – era iddio che parlava senza farsi vedere.
Nell'aria vibrava un megafono : – era iddio che bramava troppi
piaceri era iddio che studiava la legge della prosperità.
Contro d'ogni deo sorrideva la fortuna.

Contre les dieux je brandissais une plume. Je brandissais à vide
une plume qui ne descendait pas des airs. Dans l'air vibrait
un mégaphone : – c'était dieu qui parlait sans se faire voir.
Dans l'air vibrait un mégaphone : – c'était dieu qui désirait trop
de plaisirs c'était dieu qui étudiait la loi de la prospérité.
Contre tout dieu la fortune souriait.

*

Mare del bisogno, Cassandra
dagli istintivi occhi blu la mia prigionia tranquilla
è un rovescio del destino assai dolce assai implacabile.
Con tristezza indovino negli occhi del profeta una
medaglia che si rovescia al tocco dell'uomo. O Cassandra
le tue occhiaie sono le mie preferite celle di rassegnazione
e le tue labbra non suggeriscono altri tormenti che
tu non possa conoscere altrove che per questo mio
fragilissimo pensare.

Mer du besoin, Cassandre
aux yeux bleus et instinctifs ma tranquille prison
est un revers du destin extrêmement doux extrêmement
[implacable.
Avec tristesse je devine dans les yeux de la prophétesse une
médaille qui se renverse au toucher de l'homme. Ô Cassandre
tes cernes sont mes cellules préférées de résignation
et tes lèvres ne suggèrent rien d'autre que des tourments que
tu ne peux connaître ailleurs que pour ma pensée
si fragile.

*