Poèmes



Karel Appel

litterature

Le Nu couché de Karel Appel aux musées royaux de Bruxelles. Se poser devant le nu d'Appel. C'est la matière la plus crue, la macération de sexe, la féminité énorme. C'est la vision de nos doigts, du désir des doigts, de langue. langue lèche peau, carré par carré, point par point. Tu sais que tu l'aimes quand tu aimes les déjections les plus abjectes des corps. Tu sais que tu aimes quand tu aimes jusqu'aux déjections les plus abjectes du corps. Tu aimes les déjections délicieuses du corps. Aimer tous corps.

Il y a le ventre, et les veines ; il y a les seins et les veines ; il y a les cuisses et les veines ; il y a les angles des épaules et il y a les os.

Aimer le délassement des corps. Le plaisir des doigts farfouillant dans l'épaisseur de ton ventre. fourrageant la matière de ta bedaine, la laine de ton ventre, tes bas vides de laine, ton vomis – ta faramineuse défonce.

Bouffer à même le ventre la terre de sienne le magenta le jaune chartreuse citron orange le bleu sale souillé de noir d'yeux au matin à la campagne – en descente.