Notes



Îles quotidiennes :
stratégies institutionnelles contre tactiques populaires

Adaptation de l'intervention au colloque international "Îles réelles, îles fictionnelles", 17-18 avril 2016, Bucarest.
(le programme ici)

Affiche du colloque international 'Îles réelles, îles fictionnelles', 17-18 avril 2016, Bucarest, Rodolphe Gauthier
Affiche du colloque international 'Îles réelles, îles fictionnelles', 17-18 avril 2016, Bucarest, Rodolphe Gauthier

Introduction : L'île comme schème structurel

L'ambivalence de la représentation de l'île et de ses valeurs permet, on le sait, aussi bien d'en faire un concept positif (l'île comme liberté) que négatif (l'île comme enfermement). Dans un article de 1957 essentiel sur la question, « Causes et raisons des îles désertes », Deleuze relève cette ambivalence : sur l'île déserte, on est « seul et perdu » mais on peut aussi « repartir à zéro ». Ambivalence qu'Anne Merstersheim définit de cette manière : « La prison est une vocation permanente de l'île (…) [mais] pour les continentaux, les îles signifient liberté »1. Au-delà de la conversion marchande des bagnes et des îles coloniales qui ont imposé une image positive de l'île (idée si bien ancrée que la même « Société du Spectacle », notamment à travers la télé-réalité, s'amuse à prendre le contre-pied de cette idée reçue), nous pouvons enfin rappeler, avec Pascal Quignard, que si l'île peut sembler « paradisiaque », « le mot vieux persan apiridaeza [qui a donné « paradis »] signifiait enclos » (Pascal Quignard, Les Paradisiaques, p.184. Les administrateurs du zoo belge « Para Daïza » s'en sont souvenus). L'île est un lieu (un milieu) hostile pour l'humain. Alors qu'il est employé dans l'aménagement de la cité (« îlot d'habitat », « îlot sécuritaire »), nous voudrions l'utiliser ici pour envisager les stratégies institutionnelles, constituantes d'îles quotidiennes donc, dans lesquelles se jouent des tactiques populaires. Nous voudrions ainsi esquisser une certaine cartographie mentale. Pour cela, nous nous appuyons sur une phrase de Michel de Certeau qui, à propos des innombrables détournements des lois et des codes par l'homme commun, qui est tout aussi bien la femme commune, écrit :

À scruter cette réalité fuyante et permanente, on a l'impression d'explorer la nuit des sociétés, une nuit plus longue que leurs jours, nappe obscure où se découpent des institutions successives, immensité maritime où les appareils socio-économiques et politiques feraient figure d'insularités éphémères.3

Cette phrase inspirée, marquée par un clair-obscur baroque, inscrit l'insularité dans la négativité : on ne parle pas d'îlot de résistance, mais bien d'insularités oppressives et répressives. Mais c'est surtout un renversement, dans l'ordre des représentations, hiérarchique : Michel de Certeau n'envisage pas les pratiques individuelles comme des « îles » ou des « îlots » qui viendraient s'ajouter (ou se construire) sur des institutions pérennes (présupposées) et garantes de la société (c'est-à-dire de la (sur)vie humaine), mais il pose (ou repose), en premier, comme socle (un socle mouvant, mer ou plaques tectoniques), l'ingéniosité des individus (en grec, la mètis). Ainsi les institutions sont toujours secondaires, elles sont toujours vouées à disparaître, tandis que l'astuce (l'usage qui détourne) perdurera. C'est cela la réalité à la fois « fuyante » (puisque les « manières » sont des mouvements) et « permanente » (dans le temps).

Après avoir présenté les îles quotidiennes et le couple stratégie/tactique, nous utiliserons le récit comme aire d'expérimentation de ces « processus insulaires ». Avec deux textes de Melville, sans trahir ni Michel de Certeau ni Deleuze : le roman Mardi et la nouvelle Bartleby. Le premier nous servira à interroger le statut de celui qui porte « un discours sur » (comment peut-on parler de ce dans quoi nous sommes enfermés ? question qui nous semble inévitable) ; la seconde nous permettra enfin de mieux comprendre les conséquences de ces insularités quotidiennes, en espérant venir enrichir cette étude de la représentation de l'île, non pas par l'esquisse d'un nouvel horizon idéal, mais par l'exposé de comportements concrets.

II - Michel de Certeau : îles quotidiennes, stratégies et tactiques

Que sont ces « îles quotidiennes » ?

Ce sont des lieux définis, délimités, circonscrits dans l'espace, physiquement (par des enceintes, des frontières, des douanes, des barrières, des murs, des portes, des grilles, des portails) et/ou protocolairement (avec des règlements « intérieurs », et des formalités : frapper à la porte, pointer à l'heure, demander la permission d'entrée ou de sortir, payer, etc). Évidemment il y a des îles dans les îles, des archipels, mais jamais de « presqu'îles ». Ce sont les prisons, les entreprises, les écoles, les bureaux, la plupart des magasins (les grandes surfaces), mais aussi les pays. Ce sont bien sûr les institutions, qui pourraient sembler plus fluctuantes dans l'espace (leur aura, certainement, est large et immatérielle) mais qui y sont pourtant toujours concrètement inscrits (sièges administratifs, enceintes, frontières, « zones » d'influence déterminée par une présence physique et matérielle : « annexes », sous-préfectures, mairies de quartier, agents territoriaux ou fonctionnaires...). Nous sommes nous-mêmes, par nos réactions (plus ou moins polies, plus ou moins accueillantes, plus ou moins excluantes) les « instruments » de ce que Michel de Certeau appelle la « raison technicienne », ou – si nous utilisons la terminologie de Michel Foucault, – d'une surveillance disséminée. Cela peut signifier aussi qu'il n'y a pas véritablement d'ennemi : c'est la machine (la « machine infernale ») qui fait du quotidien de certaines personnes une tragédie au sens fort du terme... L'île est une mécanique, soit biologique, soit humaine. Pas d'ennemi, sinon nous-mêmes qui participons à la « dissémination » du système de surveillance, – du « panoptique ». Et cela, par nos réprimandes, nos critiques, notre « mauvaise foi » sartrienne (le Robinson de Paul Valéry, sur l'île déserte, ne se reconnaît plus lui-même).

Pourtant les stratégies mises en place par les institutions n'empêchent pas des pratiques quotidiennes de détournement, de ruse, de braconnage. Pratiques de ceux-là même qui peuvent être les agents de la surveillance et qui sont, dans ces îles désertes, carcérales, casanières, « l'homme commun » et « la femme commune ».


C'est dans L'Invention du quotidien, sous-titré arts de faire, que Michel de Certeau cherche à mettre en lumière l'usage quotidien et populaire (non réfléchi) contre la « raison technicienne », qui est celle des pouvoirs. Bricolage, ruse, détournement, (ré)appropriation, astuces, tours et traverses s'opposent à la volonté de tout organiser, de tout contrôler. En fait, il ne s'agit pas d'une véritable opposition frontale (nous ne sommes pas dans la révolte), mais plutôt d'une « combinaison », ou, comme on dit familièrement, d'un ensemble de « combines » : ces pratiques qui se jouent à l'intérieur même de l'espace organisé et surveillé échappent à la surveillance. Ainsi, Michel de Certeau oppose la « stratégie » à la « tactique ». D'un côté, les institutions et les mécanismes du pouvoir (politique, économique, culturel) créent des îles définies par des « stratégies » :

J'appelle stratégie le calcul (ou la manipulation) des rapports de forces qui devient possible à partir du moment où un sujet de vouloir et de pouvoir (une entreprise, une armée, une cité, une institution scientifique) est isolable.

De l'autre, ou plutôt dans le territoire de ces îles quotidiennes, se manigancent (plus que « se manifestent ») des opérations combinatoires qui sont des « tactiques » :

J'appelle tactique l'action calculée (…) [qui] doit jouer avec le terrain qui lui est imposé tel que l'organise la loi d'une force étrangère.

La stratégie est immobile, stable, majeure ; la tactique est mobile, fuyante, mineure. Deux modes (deux régimes) de l'action. Des combines, tout le monde peut en trouver des exemples : au travail, c'est la « perruque » (le fait d'utiliser le matériel professionnel pour gagner de l'argent de manière personnelle) ; dans l'histoire de la colonisation ce sont les syncrétismes populaires (en Amérique du sud notamment4) ; dans le langage, ce sont des jeux de mots ou encore les argots. Aujourd'hui, nous pourrions évidemment évoquer Internet : téléchargements gratuits, communications facilitées, informations sensibles rendues disponibles, etc. Le terme américain de « hacker » (issu de to hack, « hacher ») avait à l'origine le sens argotique de « bidouiller » (bricoler). En français, de manière tout aussi significative, la « toile » s'apparenterait plutôt à une île (ou à un archipel) avec la présence de « pirates ».

III - Melville : de l'île exotique à Manhattan

Ici, il faut interroger la position du sujet par rapport à son discours. Car le problème se complique quand il s'agit de parler de ce dans quoi nous sommes enfermés et qui nous conditionne. Puisque l'université, évidemment, avec ses protocoles, ses règles, sa hiérarchie, ses degrés, est une de ces îles où le savoir(-faire) est plus souvent une normalisation (une loi) qu'une ruse (mètis). Car la ruse est rejetée du côté de la littérature. Ainsi, c'est elle, la littérature, qui nous permet encore le mieux d'apprécier ces pratiques « déviantes » (les braconnages) : qu'on se rappelle du « parler ''pour'' c'est parler ''à la place de'' » de Deleuze, dans L'Abécédaire.

Mardi (paru en 1849) nous intéresse par le processus, la procédure, qui permet au narrateur, marin engagé sur un baleinier qu'il décide de déserter, de porter un discours sur les îles qu'il finit par découvrir (l'archipel nommé « Mardi »). Alors qu'il commence comme un roman d'aventure, marqué par le merveilleux (Melville utilise à son sujet le mot romance et non novel qui renverrait à un roman réaliste), il devient à un certain moment un long exposé sociopolitique, symbolique, satirique, interrompu de temps en temps par la reprise plus ou moins bienvenue de l'intrigue. C'est en quittant sa position initiale, en désertant c'est-à-dire en « abandonnant » un espace (si l'on accepte que le « lieu » soit statique et l'« espace » mobile), celui du bateau, en abandonnant un « statut » (celui de « marin »), que le narrateur – qui, significativement, n'a pas de nom – peut se permettre d'observer les fonctionnements des îles qu'il explore. Débarqué sur la première d'entre elles, il est reconnu par les autochtones comme un « dieu ». C'est donc aussi en abandonnant son état d'« homme », son « humanité », qu'il peut se permettre de porter un discours sur les (dys)fonctionnements de l'archipel. Mais ce n'est pas simplement à cause d'un malentendu qu'il n'est plus un homme, mais c'est aussi par un crime sacré. En effet, alors qu'il dérivait en mer, il tue un prêtre polynésien qui allait sacrifier une jeune femme dont il s'éprend subitement. Deux procédures transgressives dont il porte jusqu'à la fin – et au-delà – la malédiction (tache morale qui fait écho à la Lettre écarlate de son mentor Hawthorne).

Ainsi, celui qui porte un discours – le narrateur – se condamne d'une certaine manière à être du côté de l'institution (c'est le problème que ne cesse de poser Foucault, notamment dans L'Ordre du discours), il se détache du groupe, il s'exclut. Chez Melville, nous trouvons l'imaginaire d'un homme élu (à la recherche d'une femme élue elle aussi, Yillah), marqué par la malédiction de sa mise à l'écart. Ce personnage, qui est le témoin, qui est un assassin, qui est Caïn poursuivi par l’Œil, ou Oreste par les Érinyes, narrateur sans nom condamné à l'errance comme le Juif ou le vieux marin de Coleridge, porte les marques du romantisme ambiant.


En 1853, quand paraît Bartleby, Melville, après les succès des débuts, a déjà connu la déconvenue et l'échec qui ne le quitteront plus jusqu'à sa mort (il meurt en 1891 oublié de tous, et ne sera redécouvert que dans les années 20). Cela joue peut-être dans les deux changements majeurs qui ont lieu : le narrateur n'est plus le personnage principal, et l'île exotique est devenue île quotidienne. Nous passons de Tapeï, Omou et Mardi à « Manhattan », d'une île à l'autre, ou pour le dire comme Céline, d'une île l'autre. Car Manhattan est encore une île, ne serait-ce que par son nom : le lenape mannahata signifie « île aux nombreuses colonies ». Bartleby reste une histoire d'insularité, d'autant plus intéressante aujourd'hui que Manhattan est devenu un symbole.

Employé chez un notaire (qui est le narrateur), Bartleby le « copiste » (« scrivener ») se montre d'une assiduité parfaite, et d'un effacement personnel presque inquiétant. Jusqu'au jour où son patron lui demande, à la place de sa tâche habituelle de copiste, de relire avec lui un contrat : il refuse, « I would prefer not to ». Refus entêté de faire quoi que ce soit d'autre que de copier, puis, malgré les injonctions du patron, de faire quoique ce soit, et même, alors que le narrateur se résout à le licencier, de quitter le bureau. On découvre alors qu'il y vit (détournement et appropriation du lieu de travail), comme on sait qu'il ne se nourrit que des petits gâteaux qu'on y apporte. Après que la police est venue le déloger, c'est de devant le mur de la cour de la prison qu'il refuse de bouger, se laissant finalement mourir de faim.

« I would prefer not to », formule qui, comme le souligne Jean-Christophe Bailly, « frôle l'agrammaticalité », et que Maurice Blanchot préconisait de traduire par une formule française clairement agrammaticale : « je préférerais ne pas ». Elle manifeste la posture du personnage (nous opposons posture à position, en tant que la posture est une tension, tandis que la position est un état). De la même manière que cette formule se tient dans un équilibre instable de la langue (elle ne peut fonctionner que par sa répétition, et ne peut varier sans se trahir), Bartleby lui-même se tient à la limite entre résistance et révolte, voire insubordination (le narrateur, son patron, est longtemps gêné par cette réponse neutre face à laquelle il ne sait pas comment réagir).

L'interprétation de cette attitude est le plus couramment celle d'une résistance. Bailly fait de Bartleby la « figure de l'absolu retrait, le héros – ou l'antihéros – d'une résistance à la fois opiniâtre et désarmée ». Mais on pourrait aussi en faire une figure de la fuite, telle que la définit positivement Henri Laborit dans Éloge de la fuite : Bartleby ne cherche pas à changer les choses, mais à les ignorer. Refus de travailler, de partir, de manger. Il répond également et impassiblement à toutes les remarques et injonctions : « I would prefer not to ». Ce n'est pas, comme le dit Deleuze, une « volonté de néant, mais la croissance d'un néant de volonté. » Pourtant cette fuite se révèle fatale, et non pas salutaire : il n'y a pas d'ailleurs, et Bartleby finit par mourir. Le quadrillage de l'espace quotidien est tel qu'il est impossible de s'échapper (sinon « les pieds devant »). Cela vaut à tous les niveaux : homme et femme communs, travailleur, consommateur.

Nous retrouvons Michel de Certeau : « Les consommateurs se muent en immigrants. Le système où ils circulent est trop vaste pour les fixer quelque part, mais trop quadrillé pour qu'ils puissent jamais lui échapper et s'exiler ailleurs. Il n'y a plus d'ailleurs. » Cette phrase résonne d'une manière particulière dans le contexte actuel d'un grand mouvement migratoire : le problème des « frontières » (concrètes et abstraites) mettent les migrants dans des situations vitales limites. L'île n'a pas d'ailleurs : Bartleby, nous dit Bailly, « s'extrait sans s'évader » et préfigure les personnages kafkaïens. Mais cette formule de la tragédie quotidienne, « s'extraire sans s'évader », rappelle celle d'un autre migrant, d'un autre apatride, le poète roumain qui vivait sur l'île Saint-Louis à Paris et qui se jeta dans le fleuve qui la borde : « S'en sortir sans sortir », Ghérasim Lucas avait résumé l'aporie langagière sous la forme du calembour. Le poète qui aimait lire ses poèmes devant un public, s'était jeté dans la Seine pour échapper à l'isolement existentielle.

Conclusion

Cette impossibilité de l'évasion (avec laquelle on fait tant rêver dans le cinéma américain) semble se doubler, chez Michel de Certeau, d'une impossibilité de la passivité en tant qu'inertie. Le mouvement du monde implique une activité nécessaire, même si elle est invisible, même si elle échappe aux sciences, à l'observation, aux statistiques, à la quantification : il vaut mieux interpréter que ratiociner : « ces faits ne sont plus les données de nos calculs mais le lexique de leurs pratiques ». Certeau privilégie ainsi le temps à l'espace (et cela est certainement lié à sa foi) : c'est le récit, la narration, le texte qui crée une texture, non pas en tant que lieu mais en tant que lecture (tissage), et herméneutique. Le problème réside donc dans les représentations, c'est-à-dire les idées qu'on construit et qu'on se figure : la dimension éthique, sans jamais être revendiquée, est pourtant évidente. Michel de Certeau nous offre plus qu'une analyse du système tel qu'il existe aujourd'hui, et tel qu'on le subit : il expose les possibilités de se l'approprier. Il nous incite tacitement à la clémence, voire à l'admiration de ceux qui « se débrouillent » (le système D), et même de ceux qui « fraudent » (qui « braconnent »). Optimisme face à l'absence de passivité et à la « bonne volonté » de certaines gens qui est peut-être exagéré mais qui n'en est pas moins un moyen d'abolir la hiérarchie entre les individus. Ce n'est pas en produisant « un discours sur » qu'on échappera, qu'on se libérera des contraintes : c'est par la pratique. Ainsi, ce n'est pas l’apanage de l'intellectuel, mais le propre de tout à chacun.

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Bibliographie

DELEUZE, Gilles ([1953] 2002), « Causes et raisons des îles désertes », dans L'île déserte et autres textes, édition préparée par David Lapoujede, Paris, Éditions de Minuit (Paradoxes), p. 11-17 ;

FOUCAULT, Michel, « Des espaces autres » (1967), in Dits et écrits, Tome IV, texte 360, 1984 ;

MEISTERSHEIM, Anne (1993), « Figures de l’ îléité, image de la complexité », dans Daniel REIG [dir.], Îles des merveilles : mirages, miroir, mythe, colloque de Cerisy, Paris, L’Harmattan, p. 109-124 ;

LÉTOUBLON, Françoise, Paola CECCARELLI et Jean SGARD (1996), « Qu’est-ce qu'une île ? », dans Françoise LÉTOUBLON [dir.], Impressions d'îles, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, p. 9-27.

REIG, Daniel [dir.] (1993), Îles des merveilles : mirages, miroir, mythe, colloque de Cerisy, Paris, L’Harmattan.