Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire (écrit vers 1548)

Généralités

XVIe siècle : humanisme.

La Boétie est mort jeune, mais son ami Montaigne s’est chargé de le faire connaître.

Texte fondateur de la philosophie politique.

Pour ne plus être soumis, il faut simplement refuser de se soumettre.

Idées générales

Cesser de soutenir le tyran suffit à le faire tomber : Les grèves, les boycotts, la désobéissance civile.

La tyrannie endort l’esprit par les jeux (addiction aux écrans ou la société de consommation).

Le tyran utilise la religion ou les mystères pour impressionner : Le pouvoir cherche souvent à sacraliser son autorité (lui donner une origine religieuse) pour empêcher toute remise en question citoyenne.

1. « L’homme est-il responsable de son propre manque de liberté ? »

Ce n’est pas le tyran qui est fort, c’est le peuple qui est faible. Un seul homme ne peut pas en soumettre des millions si ces derniers ne sont pas d’accord pour obéir. On est complice de notre malheur.

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres. »

Exemple : image du colosse aux pieds d’argile. Si on arrête de servir le tyran, il s’effondre tout seul, comme un colosse dont on retirerait la base.

→ Le changement social commence par la prise de conscience individuelle. La liberté n’est pas quelque chose qu’on reçoit, c’est quelque chose qu’on arrête d’abandonner et de donner à un autre.

2. « Pourquoi est-il si difficile de changer les choses ? Le passé nous empêche-t-il d’être libres ? »

On finit par aimer ses chaînes parce qu’on est né dedans. La mauvaise éducation, l’habitude, le confort matériel nous font oublier que nous sommes nés libres.

Exemple : La comparaison entre les chevaux sauvages et les chevaux dressés. Le cheval sauvage se bat jusqu’au bout pour sa liberté, tandis que celui qui est né en écurie accepte le mors et la selle parce qu’il n’a jamais connu autre chose.

→ L’habitude peut nous rendre aveugles à l’injustice. On accepte des situations absurdes simplement parce que « ça a toujours été comme ça ». « La première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude. »

3. « La consommation et les loisirs nous détournent-ils des vrais problèmes ? »

Les tyrans utilisent des « drogues » pour endormir le peuple : les spectacles, les jeux, les plaisirs faciles.

Exemple : Les festins et les jeux publics dans la Rome antique. Le tyran donne un peu de nourriture et de divertissement au peuple pour qu’il oublie sa liberté perdue. Aujourd’hui, la société de consommation et de divertissement (réseaux sociaux, jeux vidéo, sport) empêche les citoyens de s’occuper de politique et de sujets sérieux.

4. « Le pouvoir repose-t-il sur une seule personne ou sur tout un système ? »

Le tyran ne tient pas seul. Il est soutenu par des complices qui contrôlent d’autres personnes, qui elles-mêmes contrôlent d’autres personnes : c’est un système pyramidal de domination/soumission.

Exemple : Les « hallebardiers » (la police) : ce sont des gens qui acceptent d’être dominés par le chef pour pouvoir dominer à leur tour ceux qui sont en dessous d’eux. Ils préfèrent le pouvoir sur les autres à leur propre liberté.

→ la corruption et l’injustice sont un système global. On accepte parfois des règles injustes parce qu’on en tire un petit profit personnel.

5. « La liberté est-elle naturelle ? Est-ce dans l’humain ou doit-il l’apprendre ? »

Pour LB, la liberté est un droit naturel. Tous les êtres vivants naissent avec le désir de rester libres. Si on nous l’enlève, c’est par la force ou par la ruse.

Exemple : Le comportement des animaux. LB explique que même les bêtes, qui n’ont pas la parole, résistent quand on veut les capturer. L’oiseau en cage, le bœuf sous le joug : tous manifestent une souffrance qui prouve que l’état naturel, c’est l’autonomie.

→ l’oppression n’est pas naturelle. L’homme qui accepte d’être esclave perd ce qui fait de lui un homme.

6. « Pourquoi l’union fait-elle la force ? La solitude aide-t-elle le pouvoir ? »

→ importance de l’amitié : l’entraide, le collectif, les associations, les syndicats.

Idée : Le tyran est l’homme le plus seul au monde. Il n’a pas d’amis, seulement des complices ou des sujets qui le craignent. La vraie amitié ne peut exister qu’entre des gens égaux et libres.

Exemple : Le miroir de l’âme. L’amitié demande une confiance totale. Comme le tyran fait peur à tout le monde, personne n’est honnête avec lui. Il vit dans une prison dorée faite de flatteries et de mensonges.

→ la solidarité et les liens sociaux sont des actes de résistance. Un peuple divisé est facile à diriger ; un peuple uni par l’amitié et la fraternité est invincible. Il faut s’unir.

7. « L’accès à la culture est-il une condition de la liberté ? »

Les personnes instruites sont les plus difficiles à soumettre. Même si elles perdent leur liberté physique, elles gardent leur liberté d’esprit et finissent par réveiller les autres.

Exemple : Celles et ceux qui ont « la tête bien faite ». Même si la liberté était totalement effacée de la terre, certains individus la « sentiraient » encore grâce à l’étude et à la réflexion.

→ d’où l’importance de l’école, de la lecture et de la culture générale. Savoir, c’est commencer à ne plus pouvoir être trompé par les discours du pouvoir.

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La Fontaine, « Les Grenouilles qui demandent un roi »

→ illustre le paradoxe de la condition humaine : la tendance à sacrifier une liberté paisible au profit d’une autorité forte, pour ensuite le regretter.

→ c’est une satire politique

→ il faut savoir apprécier son autonomie et sa liberté même si cela pose des problèmes.

Idée 1. La liberté est parfois perçue comme un fardeau. L’humain a tendance à confondre la paix (la tranquillité) avec l’ennui. Défendre la liberté, c’est aussi apprendre à l’apprécier quand elle est discrète, plutôt que de chercher un « chef » pour combler un vide existentiel.

Idée 2. On renonce souvent à sa liberté par choix, en pensant gagner en sécurité ou en prestige. Le passage de la « Solive » (un roi inerte et inoffensif) au « Grue » (un tyran qui les dévore) montre que l’autorité, une fois installée, est difficile à contrôler. La liberté est fragile ; une fois qu’on la délègue à un pouvoir absolu, il est souvent trop tard pour faire marche arrière.

Idée 3. Le passage de l’ordre à l’oppression. Les grenouilles voulaient un roi pour les diriger, elles obtiennent un bourreau qui les extermine. Défendre la liberté, c’est exercer un droit de regard et une vigilance constante sur ceux qui nous gouvernent.

Idée 4. La Fontaine suggère qu’il vaut mieux une liberté imparfaite ou un dirigeant médiocre (la Solive) qu’un changement radical qui mène à la tyrannie. La défense de la liberté passe parfois par la conservation de ce que l’on possède déjà, plutôt que par la poursuite d’un idéal d’ordre absolu qui finit par nous emprisonner.

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