Voltaire | Candide ou l’optimisme

Film : https://www.youtube.com/watch?time_continue=429&v=0xwOiV81Pmg&feature=emb_title

Résumé

distinction entre titres et chapitres, cf Gérard Genette, Seuils, Seuil, 1987.
= la fonction et la signification des titres sont différentes suivant qu’on les lit en tête de chapitre ou bien parmi les autres titres de la TM

Chap I : « Comment Candide fut élevé dans un beau château et comment il fut chassé d’icelui »
§1 : Candide vit au château du baron (titre déprécié et ridicule) de Thunder-ten-tronckh (allemand, ridicule, hostile : gutturales et dentales, allitérations) en Westphalie. « Jeune homme aux mœurs les plus douces ». Il serait le neveu du baron : sa mère est définie par son titre nobiliaire, imbue de sa noblesse (refuse de se marier). Son fils est déclassé, bâtard.
Le monde est défini tel que Candide le voit et s’y insère : c’est donc une illusion, un mirage.
§2 : Défini par ses attributs de sa puissance, vaniteux, tyrannique, violent.
§3 : Avec « Madame la baronne qui pesait environ trois cent cinquante livres »,
sa fille Cunégonde âgée de 17 ans, « haute en couleur, frâiche, grasse, appétissante »
et son fils « digne de son père ».
§4 : Et le précepteur Pangloss qui « enseignait la métaphysico-théologo-cosmolonigolie ». Philosophe au service du pouvoir, raisonne faux mais donne l’apparence du vrai :hypocrisie ou bêtise? Mauvaise foi.
permet à un état social de ne pas changer
soumis, obséquieux, servile, flatte pour pouvoir profiter des avantages du château (use de son ascendant sur la servante : il est comme son maître).
Garant de l’illusion collective
Comique involontaire.
§5 : propos de Pangloss sur la raison suffisante et « l’optimisme » (Pope et Leibniz)
discours direct comique dont les raisonnements sont absurdes :

  • pétitions de principe (tenir d’emblée pour vrai ce que l’on se propose de démontrer
  • syllogisme incorrect
  • sophismes : confusion entre le causal et l’accidentel (nez/lunettes…), entre l’universel et le particulier (pierres/château du baron)
    = source du fanatisme et des abus.
    Pangloss = toutes les langues : il n’est que verbe.
    Le portrait est est donc une création verbale (vocabulaire, mouvement, rythmes, rimes).
    §6 : retour sur Candide, à la suite des autres personnages de la famille : dépendance sociale.
    §7 : « un jour » = répond au « il y avait » (§7)
    = rupture dans la narration : on passe de l’existence heureuse à l’aventure
    d’un style construit et rhétorique (coordonnées et subordonnées) à un style vif, narratif, du fabuleux de l’Histoire à l’Aventure.
    Cunégonde surprend Pangloss donner « une leçon de physique expérimentale à la femme de chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile » (Paquette).
    « Comme mademoiselle Cunégonde avait beaucoup de dispositions pour les sciences, elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut témoin » =
    §8 : Rupture : passés simples, thèmes du roman sentimental (paravent, mouchoir)
    Cunégonde provoque Candide par désir de la sensualité : le baron chasse le jeune homme, un coup de pied aux fesses.
    Du locus amoenus à la vie réelle. Thème de l’expulsion par la faute, le péché originel. Paradis perdu (c’est un monde immuable, éternel, figé)
    Injustice = réalité
    = suivre son désir ne pouvait que rompre l’équilibre clos et fermé du château où tout le monde est limité à un titre, à une fonction.
    Candide est l’élément étranger : il est rejeté.

Illusion de la noblesse qui se paie de mots (les « quartiers »).
Illusion romanesque : l’amour tourne mal, et il n’est que pulsions. (notez l’obsession du « cul » : Cunégonde, chassé par des coups de pied au cul)
Illusion de la philosophie : le « tout est bien » est sentimental et doctrinaire : fait croire à des sentiments là où il n’y a que du désir, qu’il n’y a pas de danger et que rien ne va changer.
Philosophie qui se contredit : entre l’hypothèse (tout va bien) et le postulat (il n’y a point d’effet sans cause)

Intrusion de l’auteur : §1 « je crois » : mais il est omniprésent :

  • choix des présentations (persos schématisés, stéréotypés), variété des tons, équivoques sexuelles.
    narrateur : le docteur Ralph, mort à Minden, présenté sous le titre, derrière qui se cache Voltaire. Début de la distanciation et de l’ironie : le modalisateur vient tempérer une information évidente, le nom/caractère.

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Chap II : « Ce que devint Candide parmi les Bulgares » Deux longs paragraphes
L’errance : Mise en scène biblique : devient l’humanité elle-même (Job)
paysage conforme aux sentiments : froid, neige, solitude, et le nom de ville hostile.
Entre dans une taverne : roman picaresque
Les recruteurs : sa naïveté le rend accueillant, et son éducation le rend docile
réifié : mécanisé (tournures impersonnelles où il est réduit à un pronom en COD), battu
discipline militaire : « tout stupéfait ». Déserte (innocemment?) : la liberté consiste alors entre 3 mots : bastonnade ou fusillade. Ne peut que parler (inutile).
La métaphysique « rend fort ignorant des choses de ce monde. » =critique de la philo abstraite

actualités : guerre de 7 ans (1756-1763) avec Louis XV (roi des Abares), Frédéric II.
Critiques : recrutement immoral et forcé (désertion de quasi 20%), entraînement aliénant et violent, mesures disciplinaires abusives.
= déshumanisation et non pas héroïsme

Apprentissage (parcours initiatique)

  • quitter le monde de l’enfance
  • se confronter aux mensonges, aux abus, à la tromperie
  • subir l’aliénation
  • découvrir la punition
  • construire sa liberté dans le champ des contraintes (débat sur la liberté)
  • se forger une expérience dans le conflit

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Chap III : « Comment Candide se sauva d’entre les Bulgares, et ce qu’il devint »
= rencontre Jacques l’Anabaptiste (qui rappelle le bon Samaritain de la Bible)
§1 : antiphrases ironiques sur les conditions de la guerre
puis sur les horreurs de la guerre et l’aveuglement des armées (le Te Deum chanté dans les 2 camps)
décide de déserter
dans les villages dévastés : vieillards et femmes. Pathétique rehaussé par le ton badin
§2 : après le village abare dévasté par les Bulgares, arrive dans un village bulgare dévasté
arrive en Hollande, toujours en pensant à Cunégonde
§3 : demande l’aumône mais on le menace de l’enfermer
§4 : rencontre avec un prédicateur protestant qui refuse à C du pain parce qu’il ne dit pas que le Pape et l’Antéchrist, et dont la femme lui « répandit sur le chef un plein… » = critique
§5 Jacques l’anabaptiste (adepte d’un mouvement religieux allemand qui ne baptise que les adultes et demande un retour à une vie plus en phase avec les saintes Écritures)
le nettoie, le nourrit, lui dit d’« apprendre à travailler » (cf chap XXX)
Jacques incarne la tolérance, la charité, le travail productif = le concret
s’oppose à Pangloss (abstrait)
= parabole sur la tolérance. Critique des fanatismes. (vise les Suisses, pays « riche » et « chrétien » et non pas les Hollandais)
= idéal éthique et moral (contre les dogmes)
§6 : rencontre un gueux couvert de pustules, « crachant une dent à chaque effort » = Pangloss
(ménage la liaison avec le chapitre suivant)

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Chap IV : « Comment C rencontra son ancien maître de philosophie, le docteur P, et ce qui en advint »
§1 : Pangloss raconte à C que Cunégonde est morte violée et éventrée par les soldats bulgares. Il s’évanouit
Il en est de même pour la baronne et le baron. Et le fils qui a subi le même sort que sa sœur. Le château est détruit : C s’évanouit de nouveau.
§2 : l’amour est cause de la maladie vénérienne (Paquette). Raconte la généalogie de la vérole. Illusion de l’amour.
§3 : C parle du Diable : il interroge (progression), Pangloss répond que c’est nécessaire : optimisme absurde
§4-5 : C le fait guérir par l’anabaptiste qui les emmène au Portugal pour ses affaires.
Débat sur les malheurs particuliers qui font le bien général : syllogisme à la conclusion ridicule « Plus il y a de malheurs particuliers, plus il y a de bien général. »
problèmes d’actualité : la vérole, le commerce avec les Amériques (via le Portugal), les affaires financières (la banqueroute), les problèmes de justice (qui coûtent aux créanciers), les domestiques abusées et malades, la médecine.
Comique : humour noires : description de l’horreur liée à des formules philosophiques (leitmotiv dans le conte : comique de répétition), d’expressions hyperboliques + mélange du niveau de langue. De situation : le héros s’évanouit deux fois.

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Chapitre V : « Tempête, naufrage, tremblement de terre, et ce qui advint du docteur Pangloss, de C et de l’anabaptiste Jacques »
§1 : tempête, réaction différente des passagers. Zizanie et chaos à bord. Un matelot furieux frappe Jacques qui aidait, se retrouve accroché par-dessus bord, Jacques l’aide à se sauver, bascule lui-même à l’eau et le matelot le laisse « périr, sans daigner seulement le regarder ».
Pangloss ne l’aide pas
Le bateau fait naufrage : le matelot, C et P parviennent à se sauver.
§2 : espèrent manger avec l’argent qu’il leur reste.
§3 : tremblement de terre. Le matelot pille, s’enivre et paie une prostituée. P tente de le raisonner, mais en vain. = le matelot est la face noire de l’humanité
§4 : C est blessé à la tête. P discute sur le rapport (cause/effet) avec le tremblement de terre de Lima, et comme il ne s’occupe pas de C, celui-ci s’évanouit.
§5 : se sauvent, mangent, aident les sinistrés que P veut consoler grâce à sa philosophie
§6-7 : Un inquisiteur l’écoute, lui pose des questions sur le péché originel et la liberté, et avant la fin de la réponse de P les fait arrêter.
= mélange entre réalisme et symbolisme
= C réagit selon les émotions, tandis que P reste fidèle à lui-même, et ce faisant, ne contribue pas à aider l’humanité (si ce n’est matériellement avec les victimes du tremblement de terre : les discours desservent…)
= champ lexical de la confusion
= image de la mort absurde par la noyade (qu’on retrouve dans Zadig)

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Chap VI : « Comment on fit un bel auto-da-fé pour empêcher les tremblements de terre, et comment C fut fessé »
§1 : auto-da-fé : actes de foi : les hérétiques sont alors condamnés à diverses punitions
« les sages » = « brûlées à petit feu », « secret infaillible »
§2 : le Biscayen convaincu d’avoir épousé sa commère (= L’Ingénu!) + les Portugais et le lard de poulet, P et C « l’un pour avoir parlé, et l’autre pour avoir écouté avec un air d’approbation » : crimes dérisoires
« C fut fessé en cadence pendant qu’on chantait » (burlesque), les 3 pendus, et P brûlé
= la terre tremble à nouveau : inutilité ! = satire : euphémismes, périphrases ironiques, hyperboles, antiphrases = discrédite les actions inutiles, dénonce le fanatisme et l’infâme (contre la superstition)
§3 : réflexion de C, sous forme de plainte = évolution
Apparition de la vieille

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Chap VII : « Comment une vieille prit soin de Candide, et comment il retrouva ce qu’il aimait »
§1 : C est dorloté. La vieille invoque les saints.
§2 : est soigné pendant plusieurs jours, puis est conduit à la campagne, dans une maison, dans une chambre…
§3 : retrouve Cu. Ils s’évanouissent tous les deux (comique). Échange mais « la vieille leur conseille de faire moins de bruit » (évocation d’un danger). Dialogue.
§4 : suite de concessives : C raconte, Cu réagit (théâtre muet). Puis elle va prendre la parole.

Vieille : personnage mystérieux.

  • ne parle pas parce que, dans Candide, la bonté ne va pas avec la parole
  • effet romanesque avant la rencontre amoureuse (les retrouvailles) : type de la duègne (mutisme inscrit dans sa fonction romanesque)
    = rupture avec les chapitres précédents : relance le suspens

= incohérence et invraisemblance = conte + parodie de roman (situation, personnages, attitudes)

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Chap VIII : « Histoire de Cunégonde »
histoire rétrospective (analepse), narrateur intradiégétique.
§1 : « J’étais dans mon lit et je dormais profondément »
le coup de couteau devient le prétexte à une évocation érotique
§2 : « sauvée » par un capitaine qui tue le brutal qui la viole et la prend à son service. « je ne nierai pas qu’il ne fût très bien fait » et « pas de philosophie » : beauté et bêtise = idéal masculin. Mais ruiné et « dégoûté de moi »
puis vendue à un Juif nommé don Issacar (don=banquier, donc protégé des répressions) = cherche à la séduire sans y parvenir : il la mène donc dans la maison où ils se trouvent
§3 : repérée par le Grand Inquisiteur ! = avec Issacar, se partagent Cu qui ne se donne à aucun : « je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été aimée » = parodie de roman
§4 : invitée à un auto-da-fé (= dont on a le motif : impressionner le puissant banquier juif…!= critique de l’hyprocrisie des fanatiques), voit C et P = remet en question l’enseignement de P
évocation de sa sensualité (quand elle voit C nu : décalage : ce n’est pas le moment… = l’humanité est mue par ses intérêts particuliers et son égoïsme : Voltaire est ici moraliste)
§5 : accumulation des CA (= passivité de Cu) = prépare la chute, dans l’apodose : « louer Dieu » = aveuglement, bêtise : poids du fanatisme.
Envoie la vieille : romanesque.
Puis évocation de la faim : l’appétit comme symbole de l’absence de réflexion, de la courte-vue.
§6 : coup de théâtre (attendu) / rebondissement : arrivée de don Issacar

= prédominance de la violence
= récit à tiroirs + rapidité
= fausseté des comportements sociaux = satire sociale
= question de l’innocence de Cu : récurrente dans les romans du XVIIIe : forcée donc non coupable ? Le thème revient dans L’Ingénu. (et aussi dans Manon Lescaut?)
= évolution de Cu : agit, réfléchit, est pragmatique : tente de s’en sortir. Profite également… Elle peut paraître plus « dégradée », mais aussi plus « déniaisée ». = tourne en dérision la vertu = contre les héroïnes de Richardson

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Chap IX : « Ce qui advint de Cunégonde, de C, du grand inquisiteur et d’un Juif »
= titre accumulateur. Article indéfini qui présuppose que le Juif n’est pas connu : sommaire.
§1 : insultes d’Issacar, attaque C qui le tue
§2 : effroi de Cu, pensée pr P, avis de la vieille = mais l’inquisiteur rentre qui voit « le fessé Candide l’épée à la main »
§3 : le narrateur détaille le raisonnement de C, qui tue l’inquisiteur
nouvel étonnement de Cu
§4 : la vieille conseille de s’enfuir à cheval à Cadix
§5 : route des fugitifs, tandis que la Ste-Hermandad « arrive dans la maison ; on enterre monseigneur dans une belle église, et on jette Issacar à la voirie. »
§6 : Avacéna, un cabaret

= changement du comportement de C
= le mouvement narratif est une contestation de la Providence : imprévu
= roman d’aventures caricaturé : danger, malheurs, rebondissements, péripéties… « ce qui advint »
l’histoire humaine est imprévisible ; l’homme est le jouet des événements
= la destinée est absurde => c’est l’idée de Zadig

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Chap X : « Dans quelle détresse C, Cu et la vieille arrivent à Cadix, et leur embarquement »
§1 : lamentations de Cu sur le vol de ses « pistoles » et « diamants ». = roman picaresque ; contraint C à se responsabiliser (entre dans le parcours initiatique) ; seul le travail, selon V, doit amener de l’argent ; relance l’action La vieille pense que c’est un cordelier dans l’auberge de la veille (ellipse temporelle rappelée grâce à ce larcin qui montre la noirceur de l’humanité). Prenne le parti de vendre un cheval.
§2 : le cheval est vendu à un bénédictin. Route vers Cadix. C obtient le commandement d’une infanterie au départ du Paraguay. Embarquement avec « deux valets et les deux chevaux andalous qui avaient appartenu à monsieur le grand inquisiteur du Portugal. »
§3 : « Pendant toute la traversée ils raisonnèrent beaucoup sur la philosophie du pauvre Pangloss »
= Cu a progressé : « j’ai été si horriblement malheureuse dans le mien que mon coeur est presque fermé à l’espérance » (en parlant du nouveau monde).
Puis rappel des malheurs de Cu devant les prétentions de la vieille à être plus malheureuse.
= humour noir…
Celle-ci appelle à suspendre votre jugement
= curiosité qui amène l’histoire.

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Chap XI : « Histoire de la vieille » = nouveau récit rétrospectif qui vient confirmer le récit principal, tout en ménageant un rythme.
§1 : fille du pape Urbain X (inconnu – d’où le « X »?) = beauté extraordinaire
§2 : fiancée à un prince. Amour réciproque.
Pique envers la poésie : « toute l’Italie fit pour moi des sonnets dont il n’y eut pas un seul de passable. » (= signifie qu’ils sont tous bons, ou qu’ils sont tous mauvais?)
mais le mari est empoisonné par une ancienne maîtresse
puis attaqué par des corsaires. Effet de chute comique sur les soldats du Pape
§3 : « nus comme des singes ». Doigt dans l’anus à tout le monde. « cette cérémonie me paraissait bien étrange : voilà comme on juge de tout quand on n’est pas sorti de son pays. » = critique de l’innocence, de la naïveté, du manque d’expérience.
Critique des chevaliers de Malte (référence à leur homosexualité sans doute)
§4 : faite esclave au Maroc. Toutes les femmes violées sur le bateau.
§5 : guerres civiles au Maroc
§6 : combat entre les corsaires et des Noirs d’Afrique. Ironie de Voltaire / Montesquieu (sur l’influence du climat sur les tempéraments).
Terme non fixé « Européan »
exotisme de pacotille, cliché
massacre atroce des femmes, « déchirées, coupées, massacrées » : surenchère comique
finit sous un tas de cadavres
critique de la religion : « sans qu’on manquât aux cinq prières par jour ordonnées par Mahomet. »
§7 : se dégage, se traîne jusqu’à un ruisseau et un « grand oranger », tombe évanouit. Quand se réveille, un Italien déplore, en italien (sa langue natale), qu’il n’a plus de quoi la violer (un eunuque qui se révélera castrat)

Chap XII : « Suite des malheurs de la vieille » = découpage pour tenir les chap d’égales longueurs
§1 : l’homme la recueille, la soigne, et continue de regretter son état.
Lui raconte son histoire : castrat de Naples, musicien pour la princesse de Palestrine (la mère)
Reconnaissance : il l’a élevée jusqu’à ses 6 ans
§2 : se racontent leur histoire. L’ancien castrat est venu faire un marché avec le roi du Maroc « contre les autres Chrétiens » au nom d’ « une puissance chrétienne ». Lui dit qu’il la ramènera : se plaint encore, en italien (même phrase).
§3 : remerciements de la vieille. Mais le castat, en fait, la revend à Alger au dey de la province.
La peste. = intervention de Cu. = rattache au temps du récit cadre
§4 : malade de la peste (après rappel litanique de ses malheurs)
§5 : rachetée, vendue à Tunis, puis à Tripolie, Alexandrie, Smyrne, Constantinople. À un janissaire (soldat d’élite recruté à l’origine parmi les Chrétiens). Part à la conquête d’Azof, en Russie.
§6 : massacres parmi les Russes. Puis représailles : siège. Mangent les eunuques. Veulent manger les femmes.
§7 : le changement de paragraphe facilite le rythme, appelle la lecture, crée le suspense.
Un imam conseille de ne couper qu’une fesse.
§8 : l’imam persuade les soldats. Référence à la circoncision (pour le baume appliqué sur les fesses).
§9 : mais les Russes tuent les janissaires. Un chirurgien français soigne les femmes. Lui fait des propositions. Console en déclarant « que c’était la loi de la guerre. »
§10 : marche jusqu’à Moscou. Donnée à un boyard. Devient jardinière. Fouettée. Le boyard est roué pour « qq tracasserie de cour ». Fuite. Liste de villes jusqu’en Hollande.
Question philosophique du suicide. (traité par Montesquieu, Lettres persanes, LXXVI ; Rousseau, La Nvlle Héloïse, lettres 21-2).
§11 : réflexion sur la vie malheureuse des gens.
Référence à Robeck (1672-1739) qui se noie volontairement après avoir écrit sur le suicide.
Finit servante chez Issacar.
« il est d’usage dans un vaisseau de conter des histoires pour se désennuyer »
éloge de l’expérience – se déclare la plus malheureuse : en fait une gageure.

La vieille = somme de tous les malheurs possibles de l’humanité.
Mal métaphysique (imperfection de la créature, le temps, le destin, le vide religieux)
mal physique / mal moral
= la surenchère doit entraîner la réflexion : la fiction se dénonce elle-même comme stratagème.
= la répétition donne une unité au récit
Conte = réapparition des personnages (Propp) + macabre
Vie féminine dans toutes ses difficultés

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Chap XIII : « Comment C fut obligé de se séparer de la belle Cu et de la vieille »
§1 : hommages de Cu à la princesse. Interrogent tous les passagers. C exprime son opposition à P.
§2 : arrivée à Buenos-Aires. Le gouverneur (cf nom) tombe sous le charme de Cu. C lui révèle qu’elle doit l’épouser.
§3 : rejette C, propose tout à Cu qui demande 15 min pour réfléchir
§4 : la vieille l’encourage à accepter (=cf L’Ingénu, l’amie de St-Yves / St-Pouange). Arrivent dans le port un alcade (magistrat) et des alguazils (policiers)
§5 : rebondissement : le cordelier voleur de diamants a cherché à les revendre : on a reconnu qu’ils étaient au grand inquisiteur : avant d’être pendu, il donne la route des fugitifs. Le magistrat est amoureux de Cu, dit la vieille, donc c’est C qui doit fuir.

= le Nv monde est aussi corrompu que l’Ancien.

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Chap XIV : « Comment C et Cacambo furent reçus chez les jésuites du Paraguay »
= le titre annonce l’apparition d’un nouveau personnage important : il porte un prénom (toujours en « C »)
= 3 parties égales : Cacambo / les Jésuites / le frère de Cu
§1 : présentation de Cacambo (ramené de Cadix) : ses origines composites (né au « Tucuman », où on retrouve le « cu »…), ses différents métiers, sa débrouillardise, sa vivacité d’esprit, pragmatique. = incite C à se dépêcher
« Quand on n’a pas son compte dans un monde, on le trouve dans un autre.= maxime pragmatique
C’est un très grand plaisir de voir et de faire des choses nouvelles. » = maxime morale
trait d’actualité : en 1755-6, la rumeur court qu’un Jésuite s’est fait élire roi du Paraguay
§2 : Ca a déjà été au Paraguay : personnage picaresque
« C’est une chose admirable que ce gouvernement » : formule consacrée de l’ironie (cf Lettres persanes)
discours direct : satire de la justice religieuse, d’un gouvernement religieux « Los Padres y ont tout, et les peuples rien. » = ironie de Cacambo ?
Critique des Jésuites
Nouvelles références à l’expérience bulgare de C qui, finalement, lui sert beaucoup.
§3 : récit. Rebondissements : d’abord arrêtés comme Espagnols, Cacambo le rusé apprend que C est Allemand et demande à manger.
§4 : ils sont alors reçus dans la « feuillée » : endroit paradisiaque, avec des oiseaux exotiques. Déjeunent. Arrive « le révérend père commandant ».
§5 : description laudative du perso, jeune et fier. Leurs armes sont rendues, les chevaux mangent.
« crainte de surprise. »
§6 : dialogue entre Candide et le père en allemand. Qui est le frère de Cu.
Nouvelles retrouvailles et nouvelle reconnaissance
§7 : parlent de la sœur : émotion…

Cacambo : avec C, reconstitue le duo habituel du conte = nécessaire à l’évolution du héros
après Pangloss/Jacques l’anabaptiste
= l’accompagne dans de grandes aventures
= il est bâtard comme C, semble avoir le même âge.

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Chap XV : « Comment C tua le frère de sa chère Cunégonde »
le titre annonce un rebondissement inattendu : joue sur le suspens. Insiste sur le drame : « sa chère Cu ».
4 caractéristiques : la sensibilité, le religieux, le guerrier, la noblesse
invraisemblance romanesque
§1 : nouvelle histoire rétrospective. Rappel des horreurs. Explication du mystère (on le croyait mort). Ironie : c’est l’eau bénite salée qui lui fait bouger une paupière.
Allusion à l’homosexualité du père Jésuite Croust (qui a vraiment vécu : Voltaire se venge!)
envoyé à Rome, puis envoyé au Paraguay : devient colonnel et prêtre : veut repousser les Espagnols
compte sur l’appui de C
§2 : marques de tendresse envers C. Mais lorsque C lui apprend qu’il veut l’épouser, le frère le traite d’« insolent ». = intolérance !!! Dispute : C tue le frère ! Par défense ?
Ironie : « Je suis le meilleur homme du monde, et voilà déjà trois hommes que je tue ; et dans ces trois il y a deux prêtres. »
§3 : Cacambo accourt, « ne perdit point la tête ». Prennent les habits du mort et fuient.

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Chap XVI : « Ce qui advint aux deux voyageurs avec deux filles, deux singes et les sauvages nommés Oreillons »
= relance de l’action du conte. Parodie des utopies, des récits de voyage.
= critique de Rousseau : les primitifs ne sont pas bons naturellement
§1 : « Le vigilant Cacambo » fait des provisions. Route et arrêt. Lamentations de C. « que dira le journal de Trévoux ? » journal dans l’Ain qui combat les philosophes !
§2 : mange tout de même. Fin de journée, cris ambigus de femmes. « douleur ou joie » ? « Jeunes filles nues (…) que deux singes suivaient en mordant les fesses. » C tue les singes. Se réjouit.
§3 : mais les femmes pleurent sur les singes. Cacambo : « Pourquoi trouvez-vous si étrange que ds qq pays il y ait des singes qui obtiennent les bonnes grâces des dames ? Ils sont des quarts d’hommes, comme je suis un quart d’Espagnol. » référence aux satyres (à l’Antiquité donc).
§4 : partent et s’endorment. Pendant leur sommeil, les Oreillons les font prisonniers (ce sont les femmes qui les ont dénoncés).
« tout nus, armés de flèches, de massues et de haches de caillou : les uns faisaient bouillir une grande chaudière ; les autres préparaient des broches. » = portrait stéréotypé du sauvage
§5 : critique de C : « si P voyait comme la pure nature est faite »
« Cacambo ne perdait jamais la tête » : il décide de parler aux Oreillons.
§6 : harangue de Cacambo. Critique du « droit naturel » syllogismes anti-moraux
Alors que C lui suggérait de faire valoir « l’inhumanité affreuse de faire cuire des hommes, et combien cela est peu chrétien » (§5), Cacambo est pragmatique : il se range du côté des Oreillons et déclare qu’ils ont tué un Jésuite (les J sont les ennemis des Oreillons)

  • intention oratoire
  • captatio benevolentiae (légitimation oratoire)
  • discussion sur la réalité des faits
  • retournement et démonstration de la méprise
  • appel au témoignage
    = style oratoire : interpellation, mise en valeur des arguments, approbations des opinions, restriction, présentatifs.
    §7 : « Les Oreillons trouvèrent ce discours très raisonnable » : on va vérifier les dires : les prisonniers sont libérés et fêtés.
    §8 : ironie de la causalité mauvaise pour un bien (immoralité, qui est finalement une « amoralité »). Réflexion erronée de Candide.

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Chap XVII : « Arrivée de C et de son valet au pays d’Eldorado, et ce qu’ils y virent »
§1 : « Cet hémisphère-ci ne vaut pas mieux que l’autre » = négation du mythe
où aller ?
§2 : Cacambo décide d’aller à Cayenne = c’est lui qui a l’initiative
§3 : la route : aventure : ellipse temporelle « un mois entier »
§4 : « Ca qui donnait toujours d’aussi bons conseils que la vieille »
C régresse : « recommandons-nous à la Providence » : sert à mettre en relief les oppostions d’idées
§5 : (més)aventure : arrive dans un pays magique, éloigné de tout
« partout l’utile était agréable » = idéal voltairien !
§6 : constatation de C : « Ce pays vaut mieux que la Westphalie »
les enfants qui jouent : les palets sont en or. Étonnement
§7 : le dédain du précepteur pour les palets d’or ramenés par Candide
§8 : avidité des voyageurs qui « ne manquèrent pas de ramasser l’or ».
description du village
On parle péruvien. « Tout le monde sait que Ca était né au Tucuman » (où l’on parle péruvien).
§9 : dans un cabaret : luxe. Rhum
§10 : politesse des marchands et des voituriers
mépris de l’or : valeurs différentes
« Toutes les hôtelleries établies pour la commodité du commerce sont payées par le gouvernement » = action du gouvernement pour le commerce = politique voltairienne
Changement radical de Candide : « Et, quoi qu’en dît maître Pangloss, je me suis sovent aperçu que tout allait assez mal en Westphalie. »

*
Chap XVIII : « Ce qu’ils virent dans le pays d’Eldorado »
= moitié du livre. = acmé
§1 : interrogent les habitants.
Inversion du statut social : « C ne jouait plus que le second personnage, et accompagnait son valet. »
description du lieu fastueux
§2 : réception fasteuse, encore, du vieillard
§3 : 172 ans ! = ancien territoire des Incas « qui sortirent très imprudemment pour aller subjuguer une partie du monde » = détruits par Espagnols
§4 : ceux qui sont restés sont plus sages : conservation.
« Les Espagnols (…) l’ont appelé El Dorado »
Référence à Sir Raleigh ! = estime de Voltaire pour les Anglais (Raleigh est un explorateur, libre penseur)
= critique de la cupidité meurtrière des Européens
§5 : liste des sujets de la conversation. Puis question de C sur la « métaphysique » et la religion
§6 : « nous avons la religion de tout le monde : nous adorons Dieu du soir jusqu’au matin » (sens ambigu du CCT). Monothéisme déiste. Sans clergé.
§7 : étonnement de Candide sur l’absence de prêtres.
« il est certain qu’il faut voyager » = morale voltairienne
§8 : un carosse « à six moutons » pour les accompagner (des lamas). Au revoir du vieillard.
§9 : passage fantastique = utopie : moutons volants, matière inconnue du palais immense
§10 : « vingt belles filles de garde » = pacifisme, douceur
matières exotiques (nouvelle mention du colibri, oiseau sud-américain par excellence, signe aussi de sensualité : « beija-flor » en portugais)
absence d’étiquette humiliante : simplement la « bise » au roi.
§11 : visite de la ville : idéal
pas de palais de justice, pas de prison
mais un palais des sciences !
§12 : ville immense (ils n’en peuvent visiter que le millième en une après-midi)
éloge de la conversation et du bon esprit
§13 : heureux, mais C regrette Cunégonde. Propose de repartir chargés d’or !
§14 : « Ce discours plut à Ca : on aime tant à courir, à se faire valoir chez les siens, à faire parade de ce qu’on a vu dans ses voyages » = plus constatation que critique : V est un moraliste
= c’est à la fois ce qui les perd, mais ce qui fait que l’aventure continue…
§15 : réprobation du sage roi : « Vous faites une sottise »
précisions sur l’inaccessibilité du lieu
C demande de « la boue jaune »…
§16 : les ingénieurs construisent une machine (= usage raisonné et raisonnable de la science)
= presque science-fiction
au revoir cordiaux
§17:le départ : optimisme sur l’avenir de C = déjà signe de sa chute future…

Chap XIX : « Ce qui leur arriva à Surinam et comment C fit connaissance avec Martin »
= nouveau personnage…
§1 : l’illusion de devenir puissants grâce à l’argent rend C et Ca optimistes
mais les premiers malheurs arrivent : les moutons périssent = réflexion (topique et récurrente dans le conte) sur l’inconstance de la fortune.
Arrivent à Surinam, aux Hollandais
§2 : critique de l’esclavage (Vanderdendur) et du rôle qu’y joue le clergé + cupidité des Hommes (parents du Nègre) + de la philosophie de P (l’optimisme) §3
« C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe »
§4 : cherchent un bateau pour Buenos-Aires. Patron espagnol.
§5 : C apprend que Cu est devenue la « maîtresse favorite de monseigneur »
plan élaboré par Candide : Ca ira chercher Cu = devient volontaire et actif
ira attendre à Venise, « pays libre ». Ca part « le jour même ».
§6 : C prépare son voyage, prend des domestiques. Rencontre Vanderdendur qui lui propose un bateau.
§7 : voyant qu’il est riche, Vanderdendur profite et double le prix du trajet.
§8 : surenchère, acceptée par C
§9 : C revend des diamants bien au-dessous de leur prix, fait embarquer ses richesses, paie V., veut rejoindre en barque le bateau qui part sans lui : il perd tout.
§10 : chez le juge hollandais, qui l’arnaque à son tour
§11 : « la méchanceté des hommes se présentait à son esprit dans toute sa laideur » = prend conscience
sans richesse superflue, sur un bateau français, « il loua une chambre du vaisseau à juste prix » = nouvelle critique de la richesse mal acquise (cf avec Cu et la vieille près de Cadix)
cherche un serviteur : « le plus dégoûté de son état et le plus malheureux de la province »
§12 : « Il se présenta une foule de prétendants » = humanité cupide, intéressée, mais aussi triste et pauvre
= rappelle Zadig et la recherche d’un ministre juste (mais autre procédé ici)
rassemble les 20 plus misérables dans un cabaret et se fait conter leurs malheurs
§13 : rappelle de la vieille qui se disait la plus malheureuse + évocation critique de P
choisit un « savant », ancien « libraire » (et donc éditeur) d’Amsterdam = clin d’oeil ambigu…
§14 : Martin (qui n’est pas nommé) « avait été volé par sa femme, battu par son fils, et abandonnée de sa fille qui s’était fait enlever par un Portugais » privé de son emploi. Socinien = rappelle Pierre Bayle (1647-1706) à qui s’opposait Leibniz.
Le choisit parce qu’il est « savant » : les autres sont aussi malheureux que lui. Leur donne 10 piastres.

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Chap XX : « Ce qui arriva sur mer à Candide et à Martin » = nouvelles (més)aventures annoncées
§1 : Martin est nommé. Pensent parler « du mal moral et du mal physique ». L’emploi du conditionnel laisse prévoir de nvlles péripéties. « aurait dû ». Carte : Japon/cap de Bonne-Espérance (ironie…)
§2 : C pense à Cu = qui le fait « pencher alors pour le système de P » = l’amour est un leurre !
§3-4 : discussion avec Martin, qui se présente comme « manichéen » = profond pessimisme
= anti-Pangloss. Martin est son opposé.
§5 : tableau d’une attaque entre 2 bateaux et de la noyade d’une « centaine d’hommes » = illustration des propos de M
§6 : c’était le vaisseau avec les richesses de C. Il retrouve une brebis (parabole de la brebis égarée). Invraisemblance romanesque. Comique. Jeu = dès qu’on pense avoir raison, on est détrompé. Il n’y a pas de vérité immuable : le bateau coulé rend justice à C. Ou, du moins, lui permet de ne pas être noyé.
§7 : C est content que le « coquin » ait été puni. Martin demande s’il fallait que tous les autres meurent aussi pour cela.
§8 : inutilité de la parole : « Ils disputèrent quinze jours de suite, et au bout de quinze jours ils étaient aussi avancés que le premier. » La discussion est une consolation.
C caresse le mouton en pensant à Cu = signe d’espoir… et de bêtise.

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Chap XXI : « Candide et Martin approchent des côtes de France et raisonnent »
§1 : sur la France. 3 occupations : l’amour, médire, dire des bêtises
sur Paris : comme un chaos et presque un Enfer (déjà du Balzac…)
§2 : pr C, après l’Eldorado, il n’y a plus que l’amour qui compte => Venise (ville de l’amour…)
question scientifique à la volée : la Terre n’était qu’une mer = scepticisme de Martin (Voltaire)
rappel des filles et des singes : pas plus que Cacambo, Marin ne s’étonne : tout est possible.
Négation de la possibilité d’un bien naturel et d’une corruption de l’Homme
à peine l’argument du « libre arbitre » est-il avancé : coupé dans sa phrase : ils arrivent. = mépris de Voltaire pour cet argument

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Chap XXII : « Ce qui arriva en France à Candide et à Martin » (chap svt jugé le plus faible, peut-être parce qu’il critique la France et Paris, et qui est le plus long ! »
§1 : Bordeaux. L’Académie des sciences : sujet du prix : pourquoi le mouton a la laine rouge ?
§2 : curiosité / voyageurs qu’ils croisent : Paris
§3 : entrée : critique
§4 : malade, mais riche, il est entouré de profiteurs : critique de Martin
§5 : à cause des saignées, la maladie devient sérieuse. On lui demande de l’argent pour ses funérailles. C refuse ! Martin s’énerve et chasse les importuns. Procès-verbal.
§6 : C guérit : on joue aux cartes. Les gens trichent (naïveté de C).
§7 : « le petit abbé périgourdin » = les emmène au théâtre : C pleure, tout est mauvais
§8 : Adrienne Lecouvreur, comédienne jetée à la voirie (V en avait fait une pièce)
§9 : folliculaire. Sur Fréron. = les diseurs de mal
§10 : C veut dîner avec l’actrice. Mlle Clairon
§11 : mais l’abbé, qui est interlope, ne peut approcher la comédienne vertueuse : il propose autre chose
§12 : cartes chez la marquise de Parolignac (du nom du jeu de carte, le « paroli ») : personne ne les salue : « la baronne Thunder-ten-Tronckh était plus civile » = Paris est pire que la Westphalie !
§13 : C joue, perd bcp d’argent : les domestiques le croient anglais (flegme)
§14 : ennui de la conversation. Citation de plusieurs ouvrages critiqués.
§15 : discours sur le théâtre : satire des héritiers de Racine, Corneille, Crébillon fils
§16 : critique de celui qui a parlé « un autre Pangloss » = tout le monde est critiqué
§17-8 : conversation sur le bien et le mal. Pour l’homme, tout va de travers
§19 : l’hôtesse l’emmène, le séduit, lui extorque ses bagues
§20 : C a des remords de son infidélité
§21-2-3 : le périgourdin se fait de plus en plus coulant, et écrit une fausse lettre signée de Cu
§24 : C croit retrouver Cu malade et, dans le noir, laisse de l’argent
§25-6-7 : au même moment, le périgourdin le fait arrêter avec Martin. Candide donne des diamants à l’exempt, qui lui propose de l’emmener à Dieppe
§28 : référence aux attentats contre les rois (condamnation de la violence par V)
§29 : C et Martin vont en Normandie et embarquent pour l’Angleterre

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Chap XXIII : «  C et M vont sur les côtes d’Angleterre ; ce qu’ils y voient » (chap le + court?)
§1 : exclamations comiques de C. Discussion sur la folie des nations. Actualité : guerre pour le Canada
§2 : Portsmouth : exécution de l’amiral Byng
§3 : choqué, C refuse de « mettre pied à terre » et demande à partir à Venise
§4 : voyage France, Lisbonne (où C frémit) et Méditerranée. Venise. Sursaut d’optimisme : « Tout est bien, tout va bien, tout va le mieux qu’il soit possible. »

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Chap XXIV : « De Paquette et de frère Giroflée »
§1 : cherche Cacambo et Cu en vain. Désespoir
§2 : pessimisme de Martin sur la probité de Cacambo, et en général
§3 : un théatin et une fille : sont-ils heureux ? Nouvelle expérience et nv pari : dîner
§4 : liste des mets. Puis reconnaissance de Paquette ! Lui reproche la vérole de Pangloss
§5 : mésaventures de Paquette : un cordelier (puis chassée de Tdt), un médecin (femme jalouse tuée), un juge qui finit par la chasser, devient prostituée = critique de la prostitution : « obligée de continuer ce métier abominable qui vous paraît si plaisant à vous autres hommes, et qui n’est pour nous qu’un abîme de misères. » part à Venise : raconte ses tracas.
§6 : M annonce qu’il a gagné à moitié
§7 : semble contente pour plaire à un moine parce qu’a été volée
§8 : à table, C demande si Giroflée est content
§9 : récit du frère Giroflée : mécontent de son sort. Comme tous ses compagnons, précise-t-il.
§10 : Martin remporte son pari. C donne de l’argent à Paquette et Giroflée. Se réconforte en pensant qu’il est possible qu’il retrouve aussi Cu. Martin lui dit qu’elle ne fera pas son bonheur.
§11 : sur le gondolier, mieux qu’un doge, mais finalement tout se vaut…
§12 : et le sénateur Procuranté ? « on prétend que c’est un homme qui n’a jamais eu de chagrin. »

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Chap XXV : « Visite chez le seigneur Procuranté, noble vénitien »
= fonctionne à tiroir, à sujets.
§1 : belle demeure. Homme de 60 ans, fort riche, peu empressé : bonne impression à Martin.
§2 : sur les servantes que P met dans son lit, plutôt que des dames, mais dont il commence aussi à se lasser.
§3 : peinture. Raphaël : critique. « Je n’aimerai un tableau que quand je croirai voir la nature elle-même. » = doctrine classique de l’imitation de la nature
§4 : musique : critique. L’art du difficile, ce qui est lassant.
§5 : opéra. Critique du surfait, de l’artificiel, du manque de naturel
§6 : littérature. Critique d’Homère
§7 : Virgile. Sauve les chants 2,4,6 + le Tasse et l’Arioste
§8 : Horace. Loue sa poésie morale, mais pas ses satires. Critique son amitié avec Mécène. « Je ne lis que pour moi ; je n’aime que ce qui est à mon usage. » = influence C
§9 : Cicéron. Contre les écrits juridiques. Pour la philosophie, comme il doute, il en sait autant que lui…
§10 : sciences : contre l’inutilité des systèmes
§11 : théâtre, sermons (éloge de Sénèque), théologie (mépris féroce). Rien de bon, ou quasiment.
§12 : livres anglais : « il est beau d’écrire ce qu’on pense, c’est le privlège de l’homme. » éloge de la liberté d’expression
§13 : Milton : longue critique
§14 : critique du jardin
§15 : C et M : P est dégouté de tout. « les meilleurs estomacs ne sont pas ceux qui rebutent tous les aliments » (maxime prêtée à Platon). Il n’y a donc personne d’heureux. Et C ne le sera pas avec Cu.
§16 : désespoir de C de revoir Ca et Cu. Absence de gratitude de Paquette et Giroflée.

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Chap XXVI : « D’un souper que C et M firent avec six étrangers, et qui ils étaient »
= mystère… comparer avec Zadig sur le repas des religieux
§1 : retrouve Ca qui est esclave… Cu à Constantinople
§2 : ému, C se met à table. Martin reste froid
§3-4 : tour à tour un valet annonce parle à son maître « sire… », tous sont étonnés
§5 : C interroge
§6 : Achmet III, maître de Ca
§7 : Ivan VI
§8 : Charles-Edouard d’Angleterre
§9 : Auguste II, électeur de Saxe (« roi des Polaques »)
§10 : aussi roi des Polaques (Sarmates), Stanislas Leszczynski, beau-père de LXV, chassé 2 fois
§11 : Théodore de Neuhoff, aventurier, roi de Corse, prisonnier 7 ans en Angleterre
= tous sont là « pour le carnaval »
§12 : tous lui donnent de l’argent. C des diamants. On s’étonne.
§13 : 4 autres altesses arrivent, mais C part en pensant à Cu

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Chap XXVII : « Voyage de Candide à Constantinople »
§1 : partent avec Achmet III. Discours métatextuel : « voilà une aventure bien peu vraisemblable », « cela n’est pas plus extraordinaire que la plupart des choses qui nous sont arrivées »
§2 : s’intéresse d’abord à la beauté de Cu ! s’enquiert des nouvelles…
§3 : Cu est servante, et elle est devenue laide. Victimes de la piraterie. Litanie de noms.
§4 : réflexion sur le malheur général
§5 : retrouvent Pangloss et le frère de Cu parmi les rameurs !
§6-7 : reconnaissance, rachat (à prix d’or, encore…) des forçats
§8 : se fait escroquer par un Juif, rachète les forçats, partent délivrer Cu

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Chap XXVIII : « Ce qui arriva à C, à Cu, à P, à Martin, etc »
§1 : le baron raconte son histoire : fait prisonnier à Buenos Aires, sert d’aumônier à Constantinople, se baigne avec un jeune page turc, est arrêté, puni et mis en galère
§2-3 : Pangloss, mal pendu, avait survécu. On le dissèque et on le recoud. Devient laquais d’un chevalier de Malte à Venise. Se met au service d’un marchand vénitien qui alla à Venise. Entre dans une mosquée, y voit une femme la poitrine nue, se fait remarquer de l’imam, battre et mettre en galère. Y retrouve le baron avec qui il se dispute la primauté des malheurs (récurrent dans le conte)
§4 : interrogé par C, P croit toujours dans le système de Leibniz (qui est cité)

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Chap XXIX : « Comment C retrouva Cu et la vieille »
§1 : tous discutent de tout et de rien pendant le voyage (récurrent aussi), et débarquent en Turquie où ils voient Cu et la vieille étendre du linge
§2 : Cu est laide à faire peur. On la rachète avec la vieille
§3 : la vieille propose de racheter une métairie. Cu veut que C la marie. Mais le frère refuse « maître fou ».

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Chap XXX : « Conclusion »
§1 : C n’a pas envie d’épouser Cu, « mais l’impertinence » du baron l’y encourage. Après avis de P, M, Ca et la vieille, on expulse le baron
§2 : tout le monde est mécontent. « C, M et P disputaient qqfois de métaphysique et de morale. » Et la question que pose la vieille : mieux vaut-il l’ennui ou les malheurs ?
§3 : La vie balance entre l’ennui et la douleur/ P ne peut se dédire : mais il ne croit pas en ce qu’il dit.
§4 : Paquette et Giroflée débarquent, dans la plus extrême misère. À cause de l’argent, comme l’avait prévenu Martin. Même P devient pessimiste « Et qu’est-ce que le monde ! ».
§5 : mais continuent à s’interroger : vont consulter un derviche ! « Que faut-il faire ? – Te taire ! » Le derviche refuse de leur parler.
§6-7 : au retour s’arrêtent chez un musulman qui ne s’occupe pas des affaires publiques. A 2 filles et 2 fils. Éloge du travail : « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin. »
§8 : litanie de noms de rois déchus par Pangloss. Martin : « travaillons sans raisonner ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable. »
§9 : « chacun se mit à exercer ses talents. » Pangloss remonte encore la chaîne des causalités pour aboutir à « des cédrats confits et des pistaches ». Candide répond : « Cela est bien dit, mais il faut cultiver notre jardin. » = fin éminemment ambiguë.