Les trucs de Pierre Sauvage, et autres malices

Le mot « truc » traduit beaucoup de modestie et beaucoup de malice. Tous ceux qui ont la chance d’avoir rencontré Pierre savent à quel point il est bienveillant et ingénieux. Car le « truc », c’est aussi une « astuce », celle du magicien et celle du voleur. Il renvoie enfin à la grande diversité des choses et des objets qui nous entourent et qui parfois nous déconcertent, soit qu’on y porte une attention assez intense pour rendre étrange ce qui paraît familier (comme quand on commence à analyser un mot jusqu’à ne plus savoir très bien ce qu’il veut dire ou comment il s’écrit), soit qu’on se retrouve face à un objet qu’on n’a jamais vu.

« Trucs » est un livre-objet, sérigraphié, relié à la main et à la japonaise, livre de petites dimensions (5x5cm pour des gravures sur gomme de 30x42mm), de cette petitesse malicieuse qu’on prête à certains animaux (l’écureuil par exemple), et qui peut être aussi la qualité de certains objets.

Mais il n’est pas un livre que pour sa forme. Les « trucs » de Pierre Sauvage suscitent l’amusement, la curiosité, la sympathie, la réflexion, et bien qu’il s’agisse d’un livre sans intrigue, il ne manque pas d’intriguer. Les « trucs » peuvent faire penser parfois à des énigmes ou simplement susciter des questions : « c’est quoi ce truc ? », objet décalé, voire non-identifié. « C’est quoi le truc ? » : comment fait-il pour atteindre cette minutie, et surtout avoir cette prolixité ?

Des questions, des sentiments, presque une histoire des choses (on pense à Georges Perec), celle des objets qui sont communs à tous, particuliers pour chacun, connotés sentimentalement ou selon l’usage d’une pratique quotidienne. On trouvera des jeux d’échos d’une page à l’autre, des vis-à-vis parlants, des clins d’œil et, je crois, de petites confidences personnelles.

Bref, « Trucs » est un « truc » en lui-même.

La diversité (on disait en italien, à l’époque des artistes touche-à-tout, « versalità », qui signifie aujourd’hui « souplesse » et qui a donné en français « versatile »), le fait de se tourner vers le « monde entier des choses », peut qualifier le travail de Pierre dans son ensemble. Par sa nature comme par son iconographie, « Trucs » vient, sinon résumer, au moins renvoyer à l’ensemble des pratiques de Pierre. Qu’on aille se promener sur son site, on passera des bijoux à l’origami, de la sérigraphie à la couture, de la gravure à la poterie, du graphisme à la peluche, et ainsi de suite.

Le bazar devient positif. Le désordre n’est plus synonyme de laisser-aller, d’inconsistance, et d’incurie : il est la preuve au contraire d’une curiosité et d’une énergie sans bornes. Cette curiosité et cette énergie, nous les avons tous, mais la plupart d’entre nous les canalisent dans un schéma préconçu, leurs donnent une forme facile. C’est-à-dire que notre besoin d’agir, par exemple et en simplifiant, ira servir un travail et une entreprise, que notre curiosité ira s’assouvir devant la télévision, que notre appétit se suffira d’un plat pré-cuisiné. Notre énergie d’indignation se satisfera de quelques discours vides d’opposition, toujours les mêmes… L’énergie vient se couler dans des moules. Ici, au contraire, l’énergie vient prendre forme dans la matière même, ou plutôt vient donner forme aux matières (vient « s’informer dans les matières ») sans se contenter de ce qui lui est proposé, sans se laisser aller à la facilité.

Ça va dans tous les sens et c’est jouissif. Pierre Sauvage veut toucher à tout, veut expérimenter, tout expérimenter : le plus possible dans la diversité et le plus possible dans une matière donnée. Et cette générosité est virtuose : tout est réussi, tout semble facile. Le travail s’efface devant la finesse du résultat. La minutie se fait modeste devant la grâce des objets réalisés.

Pierre Sauvage semble se jouer de la difficulté comme un enfant se joue du danger. Et il y a évidemment de l’enfance dans ces pratiques (la peluche, le bijou, l’origami, etc), un refus de ce qui se veut sérieux, c’est-à-dire « l’art » dit « contemporain » – « installations sonores et visuelles », peinture, subventions et galeries, – et qui n’est au final qu’un moule comme un autre, une institution comme les autres. Le nom même de Pierre Sauvage évoque le personnage de Peter Pan. Et en effet, à y regarder de plus près, on peut soupçonner aussi, quelque part, un désir moins naïf que celui de l’enfant (si l’on veut bien croire un instant à cette « naïveté » de l’enfant…), et qui est, je crois, un désir de perfection. Le perfectionnisme n’appartient pas à l’enfant, mais bien à l’artiste : une forme de l’ambition, presque de l’orgueil (un orgueil sympathique), celui de surpasser la difficulté, de déjouer toutes les difficultés (Icare est le fils de Dédale).

Le meilleur outil pour cela, c’est bien l’imagination. C’est l’imagination qui fait que tout l’effort, tout le travail, toute la patience sont si peu sensibles. Que notre attention est déviée, qu’elle accompagne les fantaisies de Pierre. L’imagination abondante et féconde de toutes ces choses, de tous les objets, de tous les colliers, bracelets, pliages, coquillages, affiches, bols, collages, images en général, objets, toujours objets, et qui, comme par magie et par modestie, se retrouvent dans un tout petit livre qui n’est (c’est écrit sur la couverture) que le « 01 »…

Présentation sur le site des éditions Solstices : http://editions.solstices-project.com/fr/accueil/13-trucs-pierre-sauvage.html

Joseph Massey | At the point

Joseph Massey est un poète contemporain qui vit dans la Vallée des Pionniers, dans le Massachussetts. At the point a été publié en 2011 chez Shearsman Book.

*

October’s ready-made
metaphors,
almost hidden

behind billboards
and vacant warehouses,

mesure the afternoon’s accumulations –

the overcast undertones –
this slow vacillation.
Octobre aux métaphores
toutes faites,
presque cachées

derrière les panneaux
et les entrepôts vides,

mesure les accumulations
des après-midis –

les nuances recouvertes – cette lente vacillation.

*

Fragments
of fragments

fill the hollow
of the day.

Thoughts lost

resound in
not being found.

And the weather’s
changed, again.

Rain –

recollection.

Fragments
de fragments

remplissent le creux
des jours.

Pensées perdues

résonnent dans
le non-étant trouvé.

Et le temps a
changé, encore.

Pluie –

souvenir.

*

Untitled

White sun sunk
gray as memory,

as yesterday’s errors

lose voice,
as a word

is erased
into the blank

space
that bore it.

Sans titre

Le soleil blanc sombre
au gris comme la mémoire,

comme les erreurs
d’hier

égarent la voix,
comme un monde

est effacé
dans le blanc

de l’espace
qui le perce.

*

In vines’

leaves
latticed over
the sunk shed roof

gnats or bees
both – blur.
Dans les feuilles

des vignes
tressées au-dessus
du toit sombre de l’abri

moucherons ou abeilles
– les deux – troubles.

*

an otherwise un-
spoken space

between door frame
and hedge

made active
by gnats
un autre espace
imprononcé

entre le cadre de la porte
et la haie

rendu actif
par les moucherons

*

For a last page

Memory moves
forward and back-
ward – an echo
gathering more
and more silence.
Pour une dernière page

Les souvenirs bougent
en avant et en
arrière – un écho
collectant de plus
en plus de silence.

San Pietro in Vincoli | Saint-Pierre-aux-liens

(Retour à la page d’accueil)

https://it.wikipedia.org/wiki/Basilica_di_San_Pietro_in_Vincoli

http://romapedia.blogspot.com/2013/10/basilica-of-st-peter-in-chains.html

IV : construction sur une maison du IIIe. Dédiée aux apôtres.

439 : consacrée par Sixte III après reconstruction par le prêtre Philippe avec l’aide et le patronage d’Eudoxie la Mineure, fille de Théodose II, épouse de Valentinien III (425-455), empereur pendant 30 ans, fils de Galla Placidia.

Selon la tradition, Eudoxie reçut de sa mère les chaînes qui avaient retenu saint Pierre prisonnier à Jérusalem, puis les offrit au pape Léon Ier le Grand (440/461), qui les conserva près de celles utilisées pour l’emprisonnement de saint Pierre à la prison Mamertine.

Les chaînes fusionnèrent miraculeusement en une seule. Le nouveau culte des chaînes remplaça le rite païen célébré aux calendes d’août pour commémorer la victoire de l’empereur en Égypte.

533 : le pape Jean II (533/535) fut élu, le premier pape à changer de nom après son élection. Son véritable nom était Mercure et il jugeait certainement inapproprié pour un pape le nom d’un dieu païen. Une inscription à son nom, autrefois gravée sur le sol, est conservée dans le bas-côté gauche.

VIII : restaurée par Hadrian I.

1073 : l’archidiacre Hildebrand de Soana fut élu pape sous le nom de Grégoire VII (1073-1085).

1467-71 : modifiée par Sixte IV Della Rovere. Ajout à gauche du palais.

1503 : restaurée par Jules II Della Rovere (neveu du précédent).

XVIII : modification.

XIX : modification.

Façade (1570-8)

Baccio Pontelli, portique (selon Vasari), peut-être Meo del Caprino.

Porte du pontificat de Clément XI Albani (1700-21).

Intérieur

Francesco Fontana, plafond de bois (1705-7)

G.B. Parodi, Miracolo delle catene (1706) (plafond)

Anonyme, Pierre tombale du cardinal Sisto Gara Della Rovere

Luigi Capponi, Tombe d’Antonio et Piero del Pollaiolo (1498) (g de l’entrée)

au-dessus, fresque de l’école d’Antonazzio Romano, Procession propitiatoire pour la peste de 1476. Ancienne partie de l’autel démantelé en 1576, abritant l’icône en mosaïque de saint Sébastien, vainqueur de la peste.

Anonyme, autel de Piero Fourier (d de l’entrée)

Vingt colonnes antiques en marbre d’Imezio (ou marbre de Proconnèse), provenant peut-être du portique de Livie voisin.

Sur le côté droit, entre la 5e et la 6e colonne, des ouvertures laissent apparaître le sol d’origine.

1D – Autel de Saint Augustin

Guercino (ou son élève Benedetto Zalone), Saint Augustin

Dominiquin, Tombe de Lanfranco Margotti(mort en 1611), avec portrait du Dominiquin.

2D – Autel de Saint Pierre

copie du Dominiquin par Pietro Santi Bartoli, Libération de Pierre ; Tombes sur dessin du Dominiquin + fresques du Dominiquin.

Dominiquin, Monument funéraire de cardinal Girolamo Agucchi (1605)

Transept droit

Michel-Ange, Tombe de Jules II (avec Moïse, Rachel, Lia).

Chapelle du fond à droite

Guerchin, Sainte Marguerite.

Tribune

Jacopo Coppi (Meglio), Histoires de saint Pierre (1577) ; Pierre libéré de prison (g) ; Le patriarche de Jérusalem Juvénal donne les chaînes à Eudoxie (centre) ; Eudoxie donne les chaînes au pape (d) ; Histoires de la crucifixion de Beirut (six panneaux de la voûte).

Chaire de marbre (pris près des thermes de Trajan)

Virginio Vespignani, baldaquin et confessionnal (1876)

Maître-autel (image)

Cristoforo di Geremia ou Ambrogio Foppa (Caradosso), deux portes en bronze doré ornées de bas-reliefs avec la Vie de saint Pierre (1477)

Ignazio Jacometti, Saint Pierre et Ange

Andrea Vici Busiri, urne de bronze (1856), avec les chaînes de Pierre.

Crypte

époque de Théodosius (179-95), sarcophage chrétien avec scènes des Évangiles (découvert en 1876), avec les reliques des frères macchabées (Juifs persécutés vus comme les précurseurs des martyrs du Christ).

Silverio Capparoni, Martyr des frères Macchabée(1877)

Transept gauche – Chapelle du saint Sacrement / de l’Immaculée Conception

Inscription de l’époque de Jean II (533-5), la plus ancienne preuve du culte des chaînes de Pierre.

Luigi Bravi, Vierge à l’enfant avec anges (1880)

Orgue de 1884 avec une structure en bois de 1686

Anonyme, Monument du cardinal Antonio Andrea Galli (mort en 1767)

Anonymes napolitains, Tombe du cardinal Vecchiarelli, avec deux squelettes et colonnes de marbre

2G – Chapelle de saint Sébastien (image)

Mosaïque byzantine, Saint Sébastien barbu (vers 680), restaurée en 1682, unique représentation existante du saint en vieillard barbu. D’après l’épigraphe de droite, il est figuré comme protecteur contre la peste, peut-être en lien avec l’épidémie qui avait frappé Rome en 680.

Francesco Carlo Bizzaccheri et Pierre Legros, Monument du cardinal Cinzio Passeri Aldobrandini (1704-7)

« Elle atteint le sommet de la splendeur baroque tardive par la préciosité des matériaux, empruntés à la Villa del Bel Respiro, par son absolue liberté vis-à-vis des contraintes architecturales, mais surtout par la complexité du thème allégorique évoqué, qui produit un impact émotionnel puissant. Le geste sinistre de la Mort, la faux et le sablier à la main, enveloppée dans le linceul derrière la précieuse urne d’albâtre remplie de fleurs, est aussi hyperbolique que la présence des deux chérubins sur le devant. » (Alfredo Marchionne Gunter)

1G – Chapelle de la Pietà

Cristofo Roncalli, Déposition

Andrea Bregno,Tombe de Nicolas de Cuse (1464), bas-reliefs attribués à Andrea Bregno, avec la dalle autrefois au sol, mise au mur.

« Décédé en 1464, avec un bas-relief représentant « Saint Pierre parmi le cardinal Nicolas de Cues et l’ange libérateur » (1465), peut-être d’Andrea Bregno (1418-1503), autrefois sur l’autel des Saintes Chaînes, situé à l’origine dans le transept gauche. En dessous, les armoiries avec un homard, dérivées du nom du cardinal. Son nom était Nikolaus Krebs, né en 1401 à Kues (Cusa), aujourd’hui Bernkastel-Kues, près de Trèves en Allemagne. Philosophe, scientifique et humaniste, il soutint, contre Ptolémée et Aristote, que la Terre n’est pas immobile, mais qu’elle tourne autour du Soleil, et qu’il est impossible de déterminer le centre de l’univers, qui coïncide avec Dieu et non avec une étoile. Il affirma également que les étoiles sont semblables au Soleil, qu’elles peuvent avoir des planètes en orbite et que certaines de ces planètes peuvent être habitées. Il élabora ainsi de nombreuses théories proches de celles que Giordano Bruno proclamera plus tard. Il fut cardinal titulaire de Saint-Pierre-aux-Liens et fit restaurer l’église. » (David Macchi)

Sacristie

Ottavio Mazzienti, Libération de Pierre (1661, voûte) ; Mise au tombeau ; Appel à Pierre et André ;

Domniquin, Libération de Pierre (la vraie) (1604)

Pier Francesco Mola, Saint Augustin et (attribution) Retour du fils prodige

XV, relief avec Vierge à l’enfant

Paris Nogari ou Ottavio Mazzienti, voûte ovale ornée avec Libération de Pierre (voûte) ; + quatre panneaux : Mise au tombeau ; Appel à Pierre et André ; Miracle de l’estropié ; Capture de Pierre + décorations de style grotesque (1580)

*

Doctorat

(Paris IV-Sorbonne) | soutenue en septembre 2018

sous la direction de Bernard Vouilloux

Jury :

Martin Rueff

Nathalie Barberger

Jean-Louis Jeannelle

Alexandre Gefen

Spécialités :

~ histoire des idées et des représentations ;
~ arts du langage et arts visuels
(approches poétiques, rhétoriques stylistiques, sémiotiques, historiques, esthétiques) ;
~ analyses sémiotiques et pragmatiques des images.

« L’usage de l’œuvre : un autre paradigme artistico-littéraire
de la fin du XIXe siècle à nos jours (Proust, Bataille, Quignard) »

Sous la direction de Bernard Vouilloux, université Paris-Sorbonne

Thèse de doctorat soutenue en septembre 2018 :

Avec les bouleversements socio-économiques (industriels et politiques) intervenus depuis 1870 (Proust naît en 1871), le rapport à l’art (et celui, en particulier, de l’écrivain) change fondamentalement : l’art n’est plus un idéal (un « phare », comme l’écrit Baudelaire), mais une manière d’être-au-monde.

Écrire l’art aux XXe et XXIe siècles est une pratique de l’étant-au-monde (c’est-à-dire de l’ensemble des comportements et des pensées qui induisent notre rapport et notre vision du monde).

Ce changement implique et explique toute une série d’autres changements fondamentaux qui sont aujourd’hui encore au centre de toutes les discutions :rapport à l’objet, redéfinition du « moi », redéfinition de la notion d’art, etc.

Présentation par B.Vouilloux

« Il s’agira moins de construire une étude comparative des oeuvres des trois écrivains que de les considérer comme autant de balises ou de jalons en vue de mesurer la double mutation que l’art et la littérature auraient connue au cours du siècle. L’hypothèse que M. Gauthier souhaite explorer voit en effet dans le rapport que trois des plus grands écrivains français du XXe siècle auront entretenu avec les oeuvres d’art la manifestation d’un véritable changement de paradigme artistico-littéraire : dès lors que la littérature n’est plus posée comme un fait social, institutionnel, dans lequel viendrait s’informer la subjectivité de l’écrivain, mais comme le lieu même d’une exploration destinée à éprouver et à penser la complexité de l’être-au-monde, c’est le rapport même au langage qui se trouve mis au centre du travail littéraire ; mais, aussi bien, se trouvent par là même prendre une importance inédite toutes les expériences qui mettent en crise le langage verbal, à commencer par celles qui se nouent aux arts muets de l’image : la peinture, la photographie, loin de conforter l’appropriation symbolique du monde, ouvrent à d’autres modalités de la signifiance et forcent ainsi celui qui fait du langage verbal sa condition à en interroger la provenance, les moyens, les visées, les effets, les pouvoirs et les limites. Dans la mesure où la littérature n’est jamais qu’un art du langage, c’est donc la totalité du fait artistique qui se trouve réinterrogée. »

Objectifs & enjeux :

Expliquer le changement de paradigme artistico-littéraire sensible depuis la fin du XIXe siècle et dont nous sommes encore tributaires. Changement d’appréhension de l’oeuvre d’art, changement même de la notion d’art (jusqu’à une remise en cause de la notion même), qui s’accompagne d’un changement d’appréhension de l’objet par rapport au sujet, et évidemment d’une manière d’écrire (sur) l’oeuvre d’art.

Ce changement est esthétique, littéraire et sémiotique, mais il est également ontologique, éthique et politique. Les politiques républicaines aussi bien que les « révolutions industrielles et numériques » ont engendré cette transformation de la place et du rôle de l’oeuvre d’art dans la littérature et, plus généralement, dans l’histoire des idées.

Dans un monde de l’image, le texte ne cherche plus à « faire voir », mais à « faire sentir », pour compenser la surenchère visuelle.

Mieux différencier l’art contemporain défini selon les institutions, et la création comme expérimentation d’être-au-monde, c’est-à-dire comme pratique du quotidien et remodélisation le monde (les deux n’étant pas nécessairement séparés).

Santa Margherita in Trastevere

(retour à l’index général)

https://it.wikipedia.org/wiki/Chiesa_di_Santa_Margherita_in_Trastevere

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Santa_Margherita_in_Trastevere_(Rome)

http://romapedia.blogspot.com/2019/03/st-marguerite.html

Santa Margherita della Scala.

Sant’Elisabetta.

Confiée à la confraternité de saint Emygdius.

1288 : pour Nicolas IV

1564 : reconstruit pour Giulia Colonna qui est la commanditaire aussi du monastère adjacent, transformé en appartements privés.

1678-80 : reconstruit par Carlo Fontana pour le cardinal Girolamo Gastaldi.

L’axe tourné à 90°.

Chapelle de droite

Anonyme, Sainte Marguerite agenouillé devant saint Nicolas

Maître-autel (image)

Giacinto Brandi, Sainte Marguerite en prison foule aux pieds les démons et voit la sainte Croix

Giuseppe Ghezzi, deux ovales : Martyre de Marguerite (g) ; Torture de Marguerite (d)

Anonyme, Vierge couronnée par Jésus et Dieu (abside)

Chapelle de gauche

Baciccio, Immaculée Conception entre François et Claire

*

Rome

Guide (en construction) des édifices de Rome, notamment des églises, pour des visites consacrées à l’histoire de l’art.

Liste des notices

– Sant’Agata dei Goti

– Sant’Agnese fuori le Mura

– Sant’Agnese in Agone

– Sant’Agostino in Campo Marzio

– Santi Ambrogio e Carlo al Corso

– Sant’Ambrogio della Massima

– Sant’Anastasia al Palatino

– Santi Andrea e Claudio dei Borgognoni

– Sant’Andrea delle Fratte

– Sant’Andrea al Quirinale

– Sant’Andrea della Valle

– Sant’Angelo in Pescheria (portique d’Octavie)

– Sant’Antonio dei Portoghesi

Sant’Apollinare alle Terme

– San Bartolomeo all’Isola

– San Biagio della Pagnotta / San Biagio degli Armeni (via Giulia)

– Santa Brigida (piazza Farnese)

– Château Saint-Ange

– Chiesa Nuova (Santa Maria in Vallicella)

– Santi Celso e Giuliano

– San Crisogono

– Santa Croce in Gerusalemme

– Santi Domenico e Sisto

– Sant’Eligio degli Orefici (via Giulia)

– Sant’Eustachio

– Santa Francesca Romana

– San Francesco a Ripa (Trastevere)

– Il Gesù / église du Gesù / Santissimo Nome di Gesù

– San Giacomo in Augusta

– San Giovanni della Pigna

– San Girolamo della Carità

– San Giuseppe a Capo le Case

– San Giuseppe dei Falegnami

– San Giuseppe alla Lungara

– San Lorenzo in Miranda

– Santa Margherita in Trastevere

– Santa Maria dell’Anima

– Santa Maria della Concezione dei Cappuccini (via Veneto)

– Santa Maria in Loreto (forum de Trajan)

Santa Maria in Monserrato

– Santa Maria in Trastevere

– Santa Maria in Trivio

– Santa Maria in Vallicella (Chiesa Nuova)

San Pietro in Vincoli (Saint-Pierre-aux-Liens)

– Santa Sabina (Palatin)

– San Silvestro al Quirinale

– San Stanislao dei Polacchi (via delle Botteghe oscure)

– Santissime Stimmate di San Francesco (Largo Argentina)

– Santissima Trinità degli Spagnoli (via dei Condotti)

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Santa Maria della Concezione dei Cappuccini

(Lien vers l’accueil du guide de Rome)

https://it.wikipedia.org/wiki/Chiesa_di_Santa_Maria_Immacolata_a_via_Veneto

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Santa_Maria_Immacolata_a_via_Veneto_(Rome)

https://www.tripadvisor.it/Attraction_Review-g187791-d256340-Reviews-Santa_Maria_della_Concezione_dei_Cappuccini-Rome_Lazio.html

http://romapedia.blogspot.com/2019/03/st-mary-of-conception.html

Église des Capucins.

Les Capucins sont des religieux catholiques appartenant à une branche réformée de l’ordre fondé par François d’Assise. L’Ordre des Frères mineurs capucins, créé au XVIᵉ siècle en Italie, cherchait à revenir à une vie plus stricte de pauvreté, de prière et de prédication, fidèle à l’idéal franciscain. Les capucins sont reconnaissables à leur habit brun à capuche pointue (d’où leur nom, dérivé de capuccio, « capuche » en italien). Ils vivent en fraternités, mènent souvent une vie simple proche des populations et sont historiquement engagés dans la prédication, l’accompagnement spirituel et les missions.

L’église conserve de nombreuses œuvres célèbres (en tout premier lieu, le Saint Michel de Guido Reni) et des œuvres remarquables. Plusieurs tableaux sont l’œuvre de religieux peintres : cela interroge sur la vie et les conditions de travail de ces peintres très particuliers, qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que les peintres de carrière.

Une particularité de l’église est le chœur qui, derrière l’autel, double la superficie de l’église, et semble en être une église cachée. De nombreuses œuvres prestigieuses y sont exposées.

1629-30 : Antonio Felice Casoni pour le cardinal Antonio Barberini, sur un terrain donné aux Capucins par son frère Urbain VIII qui déposa la première pierre (place commémorative) et célébra la première messe en 1630.

Toutes les œuvres qui précèdent ces dates proviennent d’autres lieux, notamment de l’ancienne église principale des Capucins.

1636 : consécration.

1886-90 : Avec l’ouverture de la Via Veneto entre 1886 et 1890, l’église perdit son ancien contexte suburbain.

« L’église offre un excellent aperçu des différents courants de la peinture de chevalet entre 1630 et 1640 : le classicisme bolonais ancien, proche du classicisme baroque de Sacchi, et le style élégant et hautain de la dernière période de Reni, proche des versions vigoureuses du baroque données par Lanfranco et Cortona » (Rudolf Wittkower).

1925-6 : recouvert partiellement de travertin + ouverture d’une fenêtre.

Extérieur

Façade (images): exemple remarquable d’architecture religieuse romaine marquée par l’idéal de sobriété capucin. Construite entre 1626 et 1631 pour l’ordre des Capucins, probablement d’après les plans de Michele da Bergamo et d’Antonio Casoni, elle présente une composition extrêmement dépouillée : un mur de brique nue rythmé par quelques éléments architectoniques en travertin. La façade est organisée sur deux niveaux horizontaux, séparés par un entablement discret. Au premier niveau s’ouvre un portail central unique surmonté d’un fronton triangulaire, affirmant l’axe de symétrie ; au second niveau, une grande fenêtre en plein cintre éclaire la nef et prolonge cet axe vertical. L’ordonnance est renforcée par des pilastres en travertin (ajoutés au début du XXᵉ siècle) qui structurent visuellement la surface plane du mur sans la surcharger. L’accès se fait par un dispositif scénographique particulier : un large escalier à doubles rampes conduisant à une terrasse surélevée, la façade étant perchée au-dessus d’un mur de soutènement lié au réaménagement de la rue au XIXᵉ siècle. Ce dispositif accentue l’effet de monumentalité malgré la modestie du décor. L’ensemble révèle une esthétique volontairement austère — brique apparente, décor minimal, hiérarchie claire des ouvertures — qui traduit architectoniquement la spiritualité franciscaine des Capucins, fondée sur la pauvreté et la simplicité plutôt que sur la magnificence baroque caractéristique de nombreuses églises romaines contemporaines.

Intérieur (images)

Liborio Coccetti, Assomption (1796) (voûte)

Nicola Mattonelli, décoration et peinture des voûtes des chapelles latérales.

Anonyme, Monument funéraire de Welmina Ciacolski (1846) (contre-façade)

Anonyme, statue de saint Pio de Pietrelcina (contre-façade)

Orgue (images)

Chaire (images)

Bénitier avec l’abeille Barberini (image)

1D – Chapelle de Saint Michel

Guido Reni, Saint Michel (c.1635). Il existe des centaines de copies de ce tableau. Hommage à Raphaël (le Saint Michel du Louvre). (cf bio)

Gerrit von Honthorst, Christ déridé (1612-3)

2D – Chapelle de la Transfiguration

Mario Balassi, Transfiguration (autel)

Fra’ Luigi da Crema, Saint Bernard de Corleone

à gauche, Giovanni Lanfranco, Nativité (c.1632)

3D – Chapelle de saint François

Les reliques du bienheureux Crispin de Viterbe étaient ici, mais depuis 1985, elles sont dans sa ville natale.

Domenichino, François reçoit les stigmates (autel) ; Mort du saint (g)

Selon Giovanni Pietro Bellori, la toile représentant saint François stigmatisé fut offerte par Domenichino lui-même en remerciement à saint François après sa guérison d’une grave maladie.

Fra’ Luigi da Crema, Théologiens conversent sur le saint Crispin

4D – Chapelle de Jésus au jardin des Oliviers

Baccio Ciarpi, Prières au jardin (c.1632)

Peter Herzog, Christ couronnant de sainte Veronica Giuliani (1839) (d)

Antonio Bisetti, Monument funéraire de Giovanni et Costanza Serafini (1855) (g)

5D – Chapelle de saint Antoine de Padoue

Andrea Sacchi, Saint Antoine (1635)

Pierre tombale du sculpteur Camillo Rusconi (1658-1728)

Droite de l’arc

Francesco Massimiliano Laboureur, Tombe de Johann Freiherr von Goess, cardinal de San Pietro in Montorio

Maître-autel (images)

Peut-être par Fra’ Michele da Bergamo avec du marbre de la basilique de Saint-Pierre

Gioacchino Bombelli, Immaculée Conception (1814), un an après la destruction du tableau du même sujet par Giovanni Lanfranco.

Terenzio Terenzi, Assomption (1578) (chœur)

Tombe du cardinal Antonio Barberini avec l’inscription : hic iacet puluis, cinis et nihil (« ici gisent la poussière, la cendre et le rien »)

Camillo Rusconi, Tombe d’Alessandro Sobieski, frère du roi de Pologne Jean III (1714) (g).

5G – Chapelle de saint Bonaventure

Sacchi, Apparition de la Vierge à Bonaventure avec une quadratura de Filippo Gagliardi.

Fra’ Raffaele da Roma, Saint Joseph de Leonessa (d)

Sebastiano Conca (attribution), Communion de Laurent de Brindisi (g)

4G – Chapelle de Notre-Dame-de-l’espoir

Autel du XIX

Pierre tombale de Gabriele Valvassori

3G – Chapelle de la Passion du Christ

Andrea Camassei, Déposition

Girolamo Muziano, Stigmates de François (1570) (g), provenant de l’église Santa Croce e Santa Bonaventure dei Lucchesi, ancien siège des Capucins. « Très expressif, il unit le paysage à l’événement biblique. L’effet est particulièrement saisissant sur le visage du saint, qui exprime une émotion presque extatique et surnaturelle. » (Hermann Voss)

2GChapelle de San Felice da Cantalice (images)

Tombe du saint (le premier de l’ordre des Capucins) : sarcophage du IIIe avec sa dépouille

Alessandro Turchi, Felix da Cantalice

Fra’ Simplicio da Verona, Guérison du paralytique (d)

Fra’ Luigi da Crema, Saint Félix rend la vue à un enfant (g)

1G – Chapelle de Saint-Paul

Pietro da Cortona, Anania rend la visite à Paul (1631) (autel)

Liborio Coccetti, Saint Étienne (voûte)

Chœur derrière le maître autel (XVIIe)

Terenzio Terenzi, Assomption de la Vierge (1578) (autel)

Antonio Alberti Barbalonga, Portrait d’Urbain VIII (d)

Lucio Massari, Saint Matthieu et Saint Luc (d)

Marco Pino ou Girolamo Siciolante da Sermoneta, Noli me tangere (d)

Girolamo Siciolante da Sermoneta, Annonciation (g)

Lionello Spada, Saint Jean l’Evangéliste (g)

Antonio Alberti, Urbain VIII ; Cardinal Antonio Barberini avec l’église et le couvent de la Conception (g)

Oratoire (à droite du chœur du XVII)

Chambre secrète pour les prières du pape, également utilisée par la reine Marguerite de Savoie.

G.B. Sassoferrato, Sainte Famille

Sacristie

Paolo Piazza, Saint Bonaventure

Giovanni Lanfranco, deux fragments de l’Immaculée Conception du maître-autel, détruit.

Couvent

Copie par Manfredi du Caravage (original à Barberini), St François (1605)

Palma le Jeune, Nazarene

Crypte

(images)

5 chapelles abritant les ossements d’environ 4 000 moines décédés entre 1528 et 1870.

Les squelettes, datant d’avant la construction de l’église, furent transportés ici entre 1627 et 1631 depuis les églises Santa Croce et Santa Bonaventura dei Lucchesi, ancien siège des Capucins, après « trois cents voyages en charrette ».

La terre du sol proviendrait de Terre sainte.

L’inscription à la sortie dit : « Vous êtes ce que nous étions, vous serez ce que nous sommes. »

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